Filière Déconstruction/recyclage des navires en fin de vie : peut-être du nouveau ?

(Article mis en ligne le 22.01.2013)

Photo déconstruction des navires

Pour la 1ère fois depuis que la Cgt en région porte ce dossier(lire ici)on s’approche d’une perspective de concrétisation.

En effet des informations convergentes font état de la possibilité de l’implantation de la société Ric Environnement (filiale de Veolia Propreté) sur le Port Atlantique La Rochelle pour créer une activité de démantèlement de navires :

  • Ric Environnement a finalisé son étude d’impact,
  • son projet est en discussion dans les instances du Port,
  • une enquête d’utilité publique s’est déroulée du 14 nov. au 14 déc. 2012,
  • le Conseil municipal de La Rochelle a émis, dans le cadre de cette enquête, un avis favorable à la demande d’autorisation formulée par la société Ric Environnement (séance du 17.12.12),
  • la Préfecture va recevoir les conclusions du commissaire enquêteur.

En l’état actuel des informations, cette activité de déconstruction se déroulerait sur 6 mois seulement et porterait sur environ 6 navires. Elle emploierait 15 salariés.

La Cgt, si elle apprécie positivement le démarrage d’une activité de déconstruction de navires, pointe les questions suivantes :

  • la question de l’emploi, essentielle pour la Cgt : 15 salariés travailleraient 6 mois par an… quelles perspectives pour eux pour les 6 autres mois ?
  • la possibilité de mener l’activité sur l’année complète : selon les professions du Port, elle existe pour peu qu’un quai soit dédié, en complément de la forme de radoub disponible sur 6 mois ; en effet il est possible de déconstruire à flot tout ce qui est en surface.

Au-delà de cette perspective d’implantation sur le Port Atlantique La Rochelle dans des conditions problématiques, la Cgt pose la question de la création d’une véritable filière de déconstruction et de recyclage des navires en fin de vie.

Il faut le déplorer : de ce côté-là, rien n’avance et ce qui continue à prévaloir, ce sont des initiatives isolées. C’est le constat fait lors de la dernière réunion du Collectif confédéral (15.01.13).

Pour la Cgt, pour assurer l’avenir il faut construire une véritable filière avec notamment des complémentarités entre les ports français retenus dans le rapport ministériel de 2011.

Plus encore : cette construction doit s’inscrire dans le cadre de l’Europe, notamment pour faire face à la concurrence des pays pratiquant des bas coûts pour les raisons que l’on connaît (surexploitation des salariés). Si la filière n’est pas organisée, les salariés français (et européens) se retrouveront sous la pression d’entreprises qui ne chercheront qu’à faire toujours plus de profits au mépris de la santé de leurs employés.

Cette filière doit être conçue de façon responsable, écologiquement et socialement. C’est ce qui amène la Cgt à demander qu’elle soit organisée sous le contrôle des ministères concernés, ministères qui actuellement restent silencieux. Le Collectif les relance donc, ainsi que les eurodéputés pour faire entendre ses propositions.