DISPARITION DE NELSON MANDELA : LA CGT SALUE L’HOMME D’EXCEPTION

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« La mort est quelque chose d’inévitable. Mais quand une personne a accompli ce qu’elle considère de l’ordre du devoir pour son pays et ses citoyens, elle peut mourir en paix. Je crois que j’ai fait cet effort et c’est pour cela que je dormirai pour l’éternité ».

Nelson Mandela – 1996

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Le père de la Nation Arc en ciel vient de s’éteindre et c’est, dans le monde entier, un juste concert d’hommages qui s’entend pour saluer la mémoire et l’empreinte de celui que son peuple appelait affectueusement Madiba. Nelson Rolihlahla Mandela est né en 1918 à Mvezo dans la province du Cap. Révolté par la domination de la minorité blanche et la ségrégation raciale portée par le régime d’apartheid, il entre à l’ANC (Congrès National Africain) en 1944. Devenu avocat, il participe à la lutte non violente contre les lois de l’apartheid à partir de 1948. Le Congrès National Africain est interdit en 1960 et la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige sa branche militaire qui se lance dans une campagne de sabotages. Le 12 juillet 1963, il est arrêté par la police sud-africaine sur dénonciation des services secrets américains. S’ensuivra le procès de Rivonia où il est condamné aux travaux forcés à perpétuité et enfermé au bagne de Robben Island. Il y restera 27 ans.

Du soulèvement de Soweto à sa libération en février 1990

Il y a trente ans, le mercredi 16 juin 1976, les émeutes de Soweto avaient lieu. Plusieurs milliers de jeunes Sud-Africains convergeaient alors pour protester contre l’imposition de l’enseignement exclusif en langue afrikaans, celle de la minorité blanche, vers l’école secondaire de ce quartier de Johannesburg, un des ghettos noir de la ville. Cette journée allait s’achever dans le sang et marquer un tournant décisif dans la lutte anti-apartheid.

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Le 16 juin 1976, la révolte des écoliers de Soweto marque un tournant décisif dans la lutte contre l’apartheid

Après le soulèvement du Township de Soweto en 1976, au début des années 80 s’engage en France et dans le monde, une vaste campagne pour mettre fin au régime raciste d’Afrique du Sud et pour la libération de Mandela. La CGT, dès le début, sera de ces combats. Nombreux sont celles et ceux, adhérent-e-s de la CGT, qui ont investi cette bataille, à l’époque où seuls 2% des Français-e-s connaissaient l’existence de Nelson Mandela. Des années de combat et de solidarité internationale qui déboucheront sur sa libération le 11 février 1990.

Il poursuit alors son combat pour une Afrique du Sud multiraciale et démocratique, débarrassée des lois de l’apartheid. Pour cela, Il reçoit avec le président Frederik de Klerk le prix Nobel de la paix en 1993 et obtient dans la foulée l’organisation des premières élections libres en Afrique du Sud. Elles ont lieu en 1994 et le 9 mai, il devient le premier président noir d’Afrique du sud, fonction qu’il occupera jusqu’en 1999. Depuis, il a marqué le monde de son empreinte, de sa sagesse et de son combat perpétuel pour la paix.

« Être libre ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres »

(extrait de Un long chemin vers la liberté)

C’est un homme d’exception qui vient de s’éteindre. Un combattant fidèle à ses idéaux, une conscience pour l’humanité à l’image de cette citation qu’il nous lègue. Madiba, la CGT fidèle aux combats pour votre libération et pour une Afrique du Sud non raciale et démocratique, poursuivra son action contre toutes les racismes, contre les discriminations et pour le développement général de la démocratie.

Reposez en paix !

Thierry LEPAON s’adresse au COSATU

Le secrétaire général de la CGT a adressé un message aux dirigeants syndicaux du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) à l’occasion de la disparition de Nelson Mandela. Créé en 1985, le COSATU a joué un rôle majeur dans la lutte contre l’apartheid, organisant une série de grèves très efficaces à travers le pays. Dans son message, Thierry LEPAON a rappelé l’engagement qui fut celui de la CGT, dans les luttes contre l’apartheid et pour la libération du leader de l’African National Congress.

Chers Camarades, Chers Frères, le monde est en peine ! Madiba n’est plus et notre cœur saigne, comme celui de toutes les femmes et de tous les hommes qui estimaient son œuvre.La CGT a pris une part décisive en France au cours des années 80 dans la lutte contre le régime d’Apartheid et pour la libération de Mandela des geôles du régime. Notre organisation a soutenu et hébergé nombre de militants de l’ANC, de syndicalistes sud-africains en exil au cours de ces sombres années.Elle partage avec Nelson Mandela une profonde unité de vue, au fondement de ses combats pour la liberté, l’égalité et la fraternité, pour l’établissement d’une nation arc-en-ciel sur les décombres du système ségrégationniste.C’est ce qui rend son départ d’autant plus douloureux ; mais cela doit dans le même temps nous donner la force de relever les défis qui honoreront sa mémoire et poursuivront son chemin.Recevez, Chers Camarades, Chers Frères, Sidumo, Zwelinzima, nos condoléances et le témoignage de notre solidarité indéfectible, coulée dans le ciment des luttes communes.
d
Thierry Lepaon
Secrétaire général de la CGT

Un hommage lui sera rendu, lundi 9 décembre à 11h30 dans le patio de la Bourse nationale du travail.

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