Colloque CREDES

« Egalité professionnelle entre les hommes et les femmes :

 Comment progresser en Poitou-Charentes ? »

17.11.2011

A l’origine de ce colloque : le constat qu’en Poitou-Charentes cette question est particulièrement négligée et que le nombre d’accords signés en faveur de l’égalité professionnelle F-H est dramatiquement faible.

Le Comité Régional a mandaté Annie DEBORDE pour intervenir dans la table ronde des organisations syndicales de salariés et des organisations patronales.

3 questions étaient posées aux participants.

Pourquoi votre organisation a-t-elle signé l’accord de 2004 ?

Résumé : La Confédération a signé cet accord en lui assignant un double objectif : en plus de permettre la conquête de la dignité des femmes dans le monde du travail, s’attaquer à la pauvreté. 80% des smicards sont des femmes, 82% des temps partiels sont occupés par des femmes, le chômage longue durée concerne plus les femmes, beaucoup de familles monoparentales ont pour chef de famille des femmes en difficulté, les femmes retraitées perçoivent une retraite inférieure de 42% à celle des hommes… etc… autant de réalités qui sont des trappes à pauvreté ! Or la pauvreté est antinomique avec le développement économique.

Quels sont pour elle les freins dans la mise en œuvre de cet accord ?

Résumé : La Cgt a notamment pointé le fait que l’espace de négociation qui devrait être ouvert par les NAO est trop souvent réduit à peau de chagrin ; que le niveau de bas salaire qui pèse sur notre région fait passer la négociation sur les rémunérations avant tout ; qu’il y a aussi le poids de l’histoire de la Cgt…

Que fait-elle pour sortir de cette réalité ?

Résumé : La Cgt organise des formations syndicales pour aider les délégués et militants à travailler particulièrement les NAO.

A côté de ces questions, la Cgt a pointé la question des femmes exclues du travail faute de gardes pour les enfants, de transports, de structures d’accueil pour les membres dépendants de leur famille. Le droit des femmes au travail ne relève pas que de la responsabilité des partenaires sociaux, il relève également du gouvernement qui doit mener des politiques sociales qui rendent effectif le droit au travail. Or ces dernières années on assiste à un recul généralisé de l’intervention de la puissance publique.

La Cgt a conclu son intervention en faisant 3 propositions de travail en direction de la CPRIA (Commission Paritaire Interprofessionnelle de l’Artisanat), de la COPIRE et des OPCA.

Un temps du colloque a été consacré à la présentation par M. POUZET, Directeur adjoint à la DIRECCTE, des modalités de sanctions graduées qui doivent désormais être mises en place en cas de non respect des obligations légales. Au Medef qui exprimait avec force sa peur de voir les entreprises encore pénalisées… la Cgt a répondu qu’avec une DIRECCTE affaiblie par la suppression d’1 fonctionnaire sur 2, elle avait peur, elle, qu’elles ne le soient pas !

Le CREDES publiera les travaux du colloque.