Réforme du Code du travail

Où est l’intérêt des salariés dans ces annonces ?

Le gouvernement a dévoilé ce mardi son programme de réformes à court et moyen terme concernant principalement le droit du travail, les moyens d’intervention des salariés, la formation professionnelle, l’apprentissage, l’assurance chômage et la retraite.

La Cgt a pris connaissance en même temps que la presse du contenu précis de ces propositions, ce qui nous laisse interrogatif sur la méthode de concertation envisagée.

Faisant référence à la mondialisation et à une mutation de l’économie, le 1er Ministre a justifié ce besoin urgent de réforme, laissant à penser que les principales causes du chômage de masse résideraient dans la rémunération du travail, et les garanties collectives des salariés.

Sans surprise, le gouvernement propose des recettes déjà utilisées depuis plusieurs décennies qui n’ont jamais produit d’effets si ce n’est détruire, les droits, les protections des salariés sans aucune répercussion positive sur le niveau de l’emploi bien au contraire. L’idée selon laquelle l’accroissement de la flexibilité, l’augmentation du pouvoir des employeurs est source d’une meilleure compétitivité et de création d’emplois, est très ancienne. Elle est aujourd’hui officiellement remise en cause : des études notamment de l’OCDE confirment qu’il n’y a pas de relation entre le taux de chômage et le taux de protection de salariés. A l’inverse, cela a eu un effet immédiat sur le niveau de rémunération du Capital.

L’option est donc de sécuriser les employeurs et de précariser les travailleurs.

Alors que le travail génère beaucoup de souffrance, et les emplois durement attaqués sous pression d’une économie de plus en plus financiarisée. Le cadre de cette réforme risque de peser une nouvelle fois sur les conditions de vie et de travail des salariés. L’idée de décliner un code du travail entreprise par entreprise, affaiblir les branches ou barêmiser les indemnités prud’homales induira du dumping social, alourdira le lien de subordination à l’entreprise déjà bien à l’avantage des employeurs.

Un code du travail et des garanties collectives d’avenir devraient apporter de nouveaux droits, changer notre mode de développement, mieux répartir les richesses produites. Le gouvernement semble décider l’inverse, il a choisi son camp. Nous partageons ni son diagnostic, et encore moins ses orientations et ses objectifs. Il semble attendre le résultat des élections législatives pour affirmer d’une manière définitives ses intentions, tout en confirmant l’utilisation d’ordonnances dès cet été pour accélérer un processus qui n’a pas lieu d’être.

La Cgt a porté de nombreuses propositions depuis l’an dernier pour améliorer la situation économique et sociale du pays, elle continuera de s’inscrire dans un processus résolument offensif et progressiste. Elle appelle l’ensemble des salariés à se mobiliser pour peser dans les jours et les semaines à venir à partir de leurs revendications qui sont à l’opposé des intentions gouvernementales.

Montreuil, le 06 juin 2017

Elections TPE

Vous êtes moins de 11 dans votre entreprise ? Gagné, vous faites bien partie d’une très petite entreprise.

Du 28 novembre au 12 décembre prochain, 420 000 salarié(e)s dans 150 000 très petites entreprises de la région Nouvelle Aquitaine (Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes) sont appelé(e)s à voter. C’est la deuxième fois seulement que les salariés des TPE participent à un scrutin professionnel (calendrier des élections ici).

Les enjeux

Vous allez voter pour trois choses :

    1. Élire vos représentants CGT dans les commissions paritaires régionales (CPRI),
    2. Désigner les juges prud’homaux du collège salarié,
    3. Désigner les organisations syndicales qui vont vous représenter pour négocier vos droits et conventions collectives (c’est ce qu’on appelle la représentativité syndicale).

Vos droits : cliquez ici

Pour voter lors de ce scrutin, il faut :

  • Au mois de décembre 2015, être salarié(e) d’une entreprise de moins de 11 personnes ou employé(e) à domicile,
  • Avoir 16 ans révolus,
  • Être bien inscrit(e) sur les listes électorales du scrutin. Elles sont constituées spécifiquement pour ce scrutin et n’ont aucun lien avec celles destinées aux élections politiques.

Et cela quelle que soit votre nationalité.

Pour en savoir plus sur les modalités du scrutin, cliquez ici

La CGT, le vote efficace.

Arrivée très largement en tête aux dernières élections, la CGT a travaillé depuis quatre ans sur toutes les problématiques des salariés des TPE. En savoir plus…

Les candidats des listes CGT sont, comme vous, salariés d’une TPE. Découvrez ici ceux qui vous représenteront pour la région Nouvelle Aquitaine.

Vous allez voter sur sigle pour désigner vos représentants, qui connaissent bien les différents problèmes que peuvent rencontrer les salariés dans les TPE.

Ce sont des situations bien différentes des lieux d’activité où il existe des représentants, des délégués du personnel et des comités d’entreprise.

Lorsqu’on est seul face à un employeur, défendre ses droits est alors plus difficile.

Même dans une petite entreprise où les choses se passent bien, il est important de savoir que l’on ne peut pas exiger n’importe quoi de vous pour « rendre service ».

Voter pour la CGT, c’est donner de la force à nos métiers pour nos droits.

Pour plus d’informations, visitez le site CGT TPE dédié.

Le chômage repart à la hausse… et les droits à la baisse ?

Les chiffres du chômage du mois d’août 2016 montrent clairement que le chômage repart à la hausse, n’en déplaise aux attentes du gouvernement et malheureusement pour tous les salariés concernés.

La catégorie A progresse de 1% sur trois mois (+36 500 personnes) avec un chiffre particulièrement inquiétant de 2,2% pour les moins de 25 ans.

Aucune catégorie n’échappe à l’augmentation.

La catégorie B augmente de 1,3% sur 3 mois, tandis que la catégorie C (cumul chômage avec plus de 78 heures de travail) explose, avec une augmentation de 3,7 % sur trois mois, 3 % sur un mois et 8,2 % sur un an.

Ainsi, si l’on prend les vrais chiffres du chômage c’est-à-dire en incluant tous ceux qui sont inscrits à Pôle Emploi, le total A+B+C comptabilise 5 518 000 chômeurs et même 5 820 000 en incluant les DROM, très touchés par la précarité et le chômage.

De plus, la Dares souligne qu’un grand nombre de radiations (défaut d’actualisation) a eu lieu en août, tandis que la catégorie D (celle des entrées en formation) fait un bond de 10,5% sur 3 mois, essentiellement sous l’effet du plan 500 000 formations.

Les récentes prévisions de l’UNEDIC, pour l’année 2017, ne laissent pas entrevoir la moindre inversion de tendance.

Pour la CGT, non seulement le nombre de chômeurs ne baisse pas de façon pérenne mais la précarité ne cesse de croître !

Il y a donc urgence à instaurer une vraie taxation de la précarité dont usent et abusent les employeurs via notamment des surcotisations sur les contrats courts.

Le gouvernement doit de toute urgence mener une véritable politique de relance de l’emploi en cessant de satisfaire aux exigences du Medef. Cela passe notamment par l’instauration d’une réduction du temps de travail à 32 heures.

Montreuil, le 26 septembre 2016