Les chiffres du chômage de mars 2018

A qui profite la précarité ? Revendiquons une politique de l’emploi stable contre le chantage patronal et gouvernemental !

Les chiffres du chômage publiés par Pôle Emploi montrent une petite baisse de chômage en catégorie A (chômeurs n’ayant pas du tout travaillé dans le mois précédent) moins 1100 chômeurs en un mois, qui reste cependant à un très haut niveau soit 3 421 800 demandeurs d’emploi inscrits.
Pour autant le nombre de travailleurs précaires ne cesse d’augmenter, même avec une progression ralentie de +0.1 % en un mois, nous avons une hausse de 9.3 % en un an soit 2 200 600 demandeurs d’emploi inscrits dans les catégories B et C.

Le chômage des jeunes augmente légèrement de 0.4% en un mois, celui des jeunes les moins qualifiés continue de poser la question des inégalités sociales, que la sélection à l’entrée de l’université va encore aggraver. Aujourd’hui, 739 100 jeunes de moins de 25 ans peuplent les listes de Pôle Emploi.
Le chômage de longue durée ne baisse pas et continue de représenter un facteur de relégation sociale majeur, notamment pour les plus de 50 ans qui sont 1 410 900 inscrits, soit une hausse de 0.3 % en un mois, 0.8 % en trois mois ou 3.8% en un an.

Deux jours avant la présentation en conseil des ministres du projet de loi réformant l’accès à la formation professionnelle et à l’assurance chômage, la CGT dénonce la collusion entre le patronat et le gouvernement : pour l’un, le recours massif aux contrats précaires et le refus de faire reculer cette utilisation, pour l’autre, les ordonnances pour fragiliser les contrats et un nouveau projet de loi qui prévoit d’alourdir les sanctions contre les chômeurs.

L’Unedic et Pôle Emploi ont pour objet de permettre l’indemnisation et le retour à l’emploi des travailleurs qui en sont privés : il faut des agents formés et en nombre suffisant pour les accompagner, plutôt que des offres illégales, des trop-perçus, une réglementation mal appliquée ou des amalgames avec l’infime part de la fraude.

Le chantage à l’emploi précaire ne cesse pas : il vise celles et ceux qui cherchent du travail autant que celles et ceux qui en occupent un. La CGT appelle toutes et tous à se mobiliser pour faire valoir de nouveaux droits, à commencer par le droit au travail.

Montreuil, le 25 avril 2018

Revalorisation du SMIC

Pas de cadeau pour les salariés les plus modestes !

Sans même attendre de recueillir l’avis obligatoire des organisations syndicales, le gouvernement vient de décider d’augmenter du strict minimum le Smic au 1er janvier 2018, soit 1,24% ou concrètement quelques 50 centimes par jour.

Bel acte de mépris à la fois pour près de deux millions de salariés et pour les organisations syndicales qui – pour la première fois – sont mises devant le fait accompli. À quoi bon réunir, mercredi 19 décembre, la commission nationale de la négociation collective, si la discussion est close avant de s’exprimer ?

Pour la sixième année consécutive, le gouvernement refuse tout coup de pouce au Smic alors que les marges des entreprises atteignent des sommets et que 2017 battra le record de dividendes servis aux actionnaires. À ce rythme, 1498,50 euros mensuels brut pour un temps plein, le Smic sera bientôt à un niveau identique au seuil de pauvreté.

La CGT rappelle que le Smic n’est pas un minimum de subsistance mais le premier niveau de rémunération d’un salarié sans qualification, pour un emploi en début de carrière. Il est le seuil de référence à partir duquel sont construites les échelles de salaire. Limiter sa réévaluation, c’est tirer toutes les grilles de salaires vers le bas !

Augmenter le Smic est indispensable. C’est bon pour faire repartir la croissance économique et les embauches. Cela réduirait les inégalités professionnelles Femme/Homme plus efficacement que les belles paroles présidentielles sur l’égalité. Rappelons que 62% des personnes payées au Smic sont des femmes.

La CGT revendique, dès à présent, un Smic à 1800 euros brut. Elle met en garde contre toute velléité de désindexation et de changement de formule de calcul en ne retenant, de façon minorée, que le seul indice des prix à la consommation des ménages modestes. Si cette règle avait été appliquée en 2008, le Smic serait aujourd’hui inférieur de 100 euros à son montant.

De nombreuses luttes se font jour dans les entreprises et les professions autour des questions salariales. La CGT invite les salariés à agir pour obtenir l’ouverture de négociations afin de revaloriser le travail, partager les gains de productivité et les richesses.

Montreuil, le 18 décembre 2017

Réforme du Code du travail

Où est l’intérêt des salariés dans ces annonces ?

Le gouvernement a dévoilé ce mardi son programme de réformes à court et moyen terme concernant principalement le droit du travail, les moyens d’intervention des salariés, la formation professionnelle, l’apprentissage, l’assurance chômage et la retraite.

La Cgt a pris connaissance en même temps que la presse du contenu précis de ces propositions, ce qui nous laisse interrogatif sur la méthode de concertation envisagée.

Faisant référence à la mondialisation et à une mutation de l’économie, le 1er Ministre a justifié ce besoin urgent de réforme, laissant à penser que les principales causes du chômage de masse résideraient dans la rémunération du travail, et les garanties collectives des salariés.

Sans surprise, le gouvernement propose des recettes déjà utilisées depuis plusieurs décennies qui n’ont jamais produit d’effets si ce n’est détruire, les droits, les protections des salariés sans aucune répercussion positive sur le niveau de l’emploi bien au contraire. L’idée selon laquelle l’accroissement de la flexibilité, l’augmentation du pouvoir des employeurs est source d’une meilleure compétitivité et de création d’emplois, est très ancienne. Elle est aujourd’hui officiellement remise en cause : des études notamment de l’OCDE confirment qu’il n’y a pas de relation entre le taux de chômage et le taux de protection de salariés. A l’inverse, cela a eu un effet immédiat sur le niveau de rémunération du Capital.

L’option est donc de sécuriser les employeurs et de précariser les travailleurs.

Alors que le travail génère beaucoup de souffrance, et les emplois durement attaqués sous pression d’une économie de plus en plus financiarisée. Le cadre de cette réforme risque de peser une nouvelle fois sur les conditions de vie et de travail des salariés. L’idée de décliner un code du travail entreprise par entreprise, affaiblir les branches ou barêmiser les indemnités prud’homales induira du dumping social, alourdira le lien de subordination à l’entreprise déjà bien à l’avantage des employeurs.

Un code du travail et des garanties collectives d’avenir devraient apporter de nouveaux droits, changer notre mode de développement, mieux répartir les richesses produites. Le gouvernement semble décider l’inverse, il a choisi son camp. Nous partageons ni son diagnostic, et encore moins ses orientations et ses objectifs. Il semble attendre le résultat des élections législatives pour affirmer d’une manière définitives ses intentions, tout en confirmant l’utilisation d’ordonnances dès cet été pour accélérer un processus qui n’a pas lieu d’être.

La Cgt a porté de nombreuses propositions depuis l’an dernier pour améliorer la situation économique et sociale du pays, elle continuera de s’inscrire dans un processus résolument offensif et progressiste. Elle appelle l’ensemble des salariés à se mobiliser pour peser dans les jours et les semaines à venir à partir de leurs revendications qui sont à l’opposé des intentions gouvernementales.

Montreuil, le 06 juin 2017