Loi Travail, débattons ! N° 1

Majoritairement, l’opinion publique rejette la loi El Khomri et soutient le mouvement de contestation. Mais avec la généralisation du mouvement, tous les mauvais coups sont permis pour stigmatiser les grévistes et les syndicats, en particulier la CGT. Parce qu’il ne faut pas sous-estimer ce déferlement de haine auprès des salariés et surenchérir aux provocations, faisons appel à l’intelligence et au bon sens pour ne pas tomber dans leur piège.

Voici quelques arguments.

Loi Travail – Sur le fond, cette loi ne peut pas être bonne car elle part du principe que les droits des salariés sont des privilèges !

Durcissement, radicalisation, blocage

C’est le gouvernement qui se radicalise en utilisant le 49.3 pour faire taire la rue et empêcher le débat démocratique.

  • Après 3 mois de mobilisation à l’appel de 7 organisations syndicales, comme le gouvernement reste sourd, les organisations syndicales ont adressé un courrier au Président de la République.

Qui bloque quoi ? – Il y a une généralisation du mouvement. De plus en plus de secteurs et d’entreprises entrent dans la grève.

Chantage ?…

  • Qui fait du chantage ? Quand certains grands patrons exigent des baisses de salaire ou des suppressions de jours de RTT sinon ils ferment l’entreprise, ne font-ils pas du chantage aux salariés ? Autre exemple, le chantage du patron de Total qui, au bout de deux jours de grève, menace de délocaliser ?
  • Les salariés et notamment ceux des services publics ont à cœur leur mission de « service au public » justement. Quand ils se battent pour leurs conditions de travail, c’est pour le bien des usagers. Par exemple, pour les transports en commun, les retards quotidiens sont davantage la conséquence des coupes budgétaires (entretien, investissements, …) que la faute des salariés, qu’ils soient syndicalistes ou pas.

Grève, droit de grève, grévistes « privilégiés »…

  • On ne fait pas grève pour se faire plaisir. Les salariés ont du mal à boucler leur fin de mois depuis trop longtemps, vous pensez qu’ils peuvent se priver de plusieurs jours de salaire ?
  • Comment une grève se décide dans une entreprise. Ce sont les salariés réunis en AG qui votent les initiatives. – Valls se réfugie derrière la Constitution pour légitimer l’utilisation du 49.3, mais il fustige les grévistes. Le droit de grève est légal et légitime.
  • Exercer le droit de grève, occuper une usine, s’opposer à la loi travail, … c’est archaïque pour “Valls et consort”. Mais travailler une semaine à 45h et la suivante 18h, c’est moderne ; le travail au noir, c’est moderne ; payer moins d’impôt (donc ne plus contribuer à la solidarité nationale), c’est moderne… ?

« Vous mettez les français [qui veulent travailler] dans la galère… »

Tous les citoyens, sauf ceux qui jouent au CAC40, galèrent. Il faut arrêter de diviser, d’opposer les salariés du public et du privé, les salariés aux chômeurs, …

Qui met en péril l’économie ?

A chaque fois qu’un mouvement social s’installe, l’argument du « coût de la grève » revient. Or, des études de l’INSEE ont montré que les effets sont marginaux (en 1995, par exemple, pour 22 jours de grève totale, l’impact sur l’économie a été de 0,2 point du PIB sur un trimestre).

  • « Vous mettez les petites entreprises, les artisans en difficultés … » Serait-il possible de parler, sans tabou, des vraies difficultés des PME et TPE ? la pression des multinationales pour produire toujours moins cher, les difficultés pour obtenir des crédits, ou même pour appliquer le code du travail…
  • Les syndicats prendront la responsabilité d’un retour de la hausse du chômage La petite chanson « ça va mieux » depuis quelques semaines est intenable pour la majorité silencieuse. Statistiquement oui, le chômage baisse, mais la réalité est-elle celle-là quand les ménages souffrent au quotidien des conséquences des politiques d’austérité et de la faiblesse des salaires.
  • Sur la pénurie d’essence Il y a une contradiction. On parle de pénurie, mais dans le même temps, il y a eu des records de consommation (jusqu’à 500% en plus dans certaines régions). De plus, on peut s’interroger sur qui organise la pénurie, sachant qu’en 4 jours (du 20 au 24 mai exactement), les 3 principales chaînes télévisées ont consacré 106 reportages à la « pénurie d’essence ». En comparaison, combien de reportages sur les salariés en lutte pour préserver leur emploi ?

Lire aussi :

« Loi Travail, débattons ! N°2 »
« Loi Travail, débattons ! N°3 »

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