[Decryptage] Manuel Valls affirme « Il n’y a jamais eu aussi peu de jours de grève en France ». C’est faux

Infographic (3)Il y a quelques heures, Le Premier ministre affirmait que les conflits sociaux n’ont jamais été aussi bas en France. Si Manuel Valls veut dire que les salariés français font moins la grève dans les années 2000 que dans les années 70, il a raison. Mais ce mouvement de recul existe en fait depuis près de 30 ans. En revanche, s’il s’agit d’affirmer qu’il y a moins de jours de grève depuis que François Hollande est à l’Elysée, les faits prouvent le contraire.

En 2013, dernière année pour laquelle on dispose de chiffres, il y a eu environ 80 jours de grève pour 1000 salariés du public et du privé (calcul ralisé par l’Institut européen des syndicats sur la base des données de la Dares pour le privé et du ministère de la Fonction publique, hors fonction publique territoriale).
Le chiffre est certes plutôt faible mais ce n’est pas un record. En 2004, sous le gouvernement Raffarin III, il y avait eu seulement 33 jours de grève pour 1000 travailleurs. Le taux était également historiquement bas au début des années 90. Cela étant, on remarque effectivement une baisse significative sur les deux premières années du mandat de François Hollande.

Moins de grève signifie-t-il moins de conflits sociaux ?Infographic (4)

Si le recours à la grève semble être moins systématique aujourd’hui que dans les années 70 par exemple, cela ne veut pas forcément dire que les conflits sociaux baissent également. Attention aux raccourcis.

Au début des années 2000, les enquêtes Réponse du ministère du Travail mettaient en relief une progression de certaines formes de conflit telles que les débrayages, les pétitions et le refus d’heures supplémentaires. Ces modes d’actions « alternatives » se sont ensuite stabilisés dans les années 2010, voire ont légèrement diminué dans le cas des pétitions.

La négociation collective au sein des entreprises semble pour sa part plutôt bien se porter. Le nombre d’accords signés entre patrons et représentants des salariés est en forte augmentation sur les cinq dernières années. Ces discussions, comme les conflits portent avant tout sur les questions de rémunération, l’emploi arrive ensuite puis les conditions et le temps de travail. Les revendications salariales demeurent la cause de conflit collectif la plus souvent citée par les représentants des directions (40 % en 2011 contre 50 % en 2005) suivie, loin derrière, par les conditions de travail (24 %). Le temps de travail est au centre de 22 % des conflits collectifs déclarés.

Sources

FranceInfo
Les relations professionnelles au début des années 2010, Dares
Strikes in Europe, Institut européen des syndicats
Rapports annuels sur la négociation collective en France, Ministère du Travail
Rapport annuel sur l’état de la fonction publique, Ministère de la Fonction publique

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