Hôpital Nord Deux-Sèvres : les personnels à bout, le CHSCT tire la sonnette d’alarme

La colère gronde et le malaise est palpable dans les hôpitaux du Nord Deux-Sèvres. La faute aux mesures d’économies lancées par l’État avec la baisse des crédits alloués à la santé – 3 milliards d’économies exigées et 22 000 postes supprimés en France -. Des économies qui ont des conséquences sur l’offre de soins et sur les conditions de travail des personnels. Manque d’effectifs, patients accueillis dans les couloirs en raison d’un manque de chambres, erreurs de traitement évitées de peu, sonnettes d’alerte en panne, agents qui enchaînent les services sans repos… La CGT juge la situation « alarmante » dans certains services des trois sites de l’hôpital Nord Deux-Sèvres (Lire notre article). « Nous sommes au bout : on ne peut plus faire davantage d’économies, sauf à les réaliser sur le dos du personnel et dégrader encore l’offre de soins. La dernière expertise du CHSCT est très claire à ce sujet » dénonce Philippe Cochard, Secrétaire adjoint du Syndicat CGT de l’Hôpital de Thouars.

Défense de l’offre de soins

Alors que l’Hôpital Nord Deux-Sèvres est en déficit depuis 1996, la direction a récemment demandé à un cabinet de conseil des préconisations pour un retour à l’équilibre financier. Parmi ces préconisations, on trouve la suppression d’une centaine de postes. « La direction a lancé la procédure au mois de janvier 2015. Depuis, 70 postes ont déjà été supprimés (non renouvellement de contrat, départs en retraite non remplacés, incitation au personnel à changer d’établissement…). Cela a forcément des conséquences sur la qualité de l’offre de soins et les conditions de travail des personnels » déplore Sabine Maud’hui, Secrétaire du syndicat CGT de l’Hôpital Nord Deux-Sèvres. A terme, la crainte est de voir 600 emplois sacrifiés dans la bataille du regroupement à Faye-l’Abbesse (regroupement de l’Hôpital de Thouars, Bressuire et Parthenay). Face aux 400 lits appelés à être supprimés en Poitou-Charentes, le syndicat rappelle que : « Les dépenses de santé représentent 11,65 % du PIB en France… contre 17,6 % aux États-Unis, où une grande partie de la population est exclue de l’accès aux soins. C’est donc bien d’un choix politique dont il s’agit ». 

L’alerte du CHSCT

Au mois de mars 2015, le CHSCT de l’Hôpital Nord Deux-Sèvres a constaté les premières conséquences de cette restructuration : forte sollicitation des personnels, risques psycho-sociaux, augmentation des arrêts de maladies, prises en charge dégradées des patients… « L’obsession d’un retour à l’équilibre financier a des conséquences graves. On va droit dans le mur » explique Philippe Cochard.

La CGT attend de la direction qu’elle prenne en compte les difficultés du personnel à faire fonctionner l’hôpital. « On ne dit pas qu’il faut remettre tous les emplois, mais certains doivent être remis, estime le syndicat. Pour la direction, les patients sont des bouts de viande et les agents sont des robots : ça ne peut plus durer. » La CGT qui a multiplié les mobilisations et sensibilisations des populations ces derniers mois (notamment le 25 juin dernier) prévient qu’elle « poursuivra le combat ».

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