Répression syndicale : votre témoignage est précieux

« Casser du militant », le poursuivre devant les tribunaux, fermer les locaux syndicaux, briser des élans sociaux, créer des peurs, menacer les Bourses du travail… Etat et patronat n’hésitent pas à s’attaquer à celles et ceux qui résistent et s’opposent pour défendre les droits des salariés, en opérant une véritable répression syndicale. Ainsi, certain-es militant-es de la CGT, de par leur engagement, sont traités comme des délinquants. Trainés devant les tribunaux, dans le cadre de procédures qui durent plusieurs années, leur carrière est souvent brisée, leur vie bouleversée, leur famille affectée… Cette remise en cause des enjeux de la démocratie sociale au sein de l’entreprise, s’inscrit elle-même dans une période sombre de déni de démocratie citoyenne : absence de processus démocratique dans l’élaboration des réformes des politiques publiques (réforme territoriale), opacité autour de l’utilisation de l’argent public notamment dans le cadre des aides aux entreprises (CICE), remise en cause des Bourses du Travail (comme Châteauroux, Toulouse et Toulon), nouveau projet de loi relatif au dialogue social qui tourne le dos à une véritable démocratie sociale et au développement de la citoyenneté au travail.

« Ce sont huit années de galère, d’instrumentalisation de la justice par mon patron »

Condamnation de l’UD CGT de Gironde : une nouvelle remise en cause de la liberté syndicale
Crédit image : SudOuest.fr

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Le 7 mai 2015, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné l’UD de Gironde par le biais de sa secrétaire départementale, Corinne Versigny, à verser 500 euros de dommages et intérêts aux Fonderies et Ateliers du Bélier pour diffamation. L’Union Départementale CGT a en outre été condamnée à une amende de 3 000 euros avec sursis, dans le volet pénal de cette affaire, et à 1 700 euros de frais de justice. En cause, un courrier rédigé par l’UD, qui alertait les pouvoirs publics quant à l’avenir de l’entreprise Ateliers du Bélier. Ce courrier s’appuyait sur des faits révélés dans un rapport d’expertise SECAFI, de la CARSAT, et de l’Inspection du Travail. Il a été reproché à l’UD de dénoncer la stratégie managériale de cette entreprise et ses choix de délocalisation ! Il est à noter que de nombreux salariés subissent des accidents de travail, des pressions sont exercées sur eux afin qu’ils ne les déclarent pas, la CRAMA s’en est inquiétée à plusieurs reprises par courrier. Parallèlement, le rapport CHSCT note des risques psycho sociaux et chimiques élevés ! Face à un jugement qui remet en cause la liberté syndicale et la liberté d’expression, l’Union Départementale CGT de Gironde fait appel. Pour l’Union, « Il est clair qu’il y a volonté de museler la CGT, et plus largement les salariés eux-mêmes. Ce jugement est en adéquation avec la loi Macron, le secret des affaires ! De nombreuses et nombreux syndicalistes connaissent des discriminations syndicales graves. » La gravité de cette affaire est qu’elle peut faire jurisprudence. Ce serait une arme dont le patronat pourrait se saisir pour interdire aux délégués des personnels de contester les stratégies d’entreprise. Et d’ajouter : « La CGT ne se taira jamais, l’UD de la Gironde mènera bataille afin que la liberté d’expression et la liberté syndicale soient respectées. La citoyenneté commence dans l’entreprise. » Lire le communiqué de l’Union départementale CGT de Gironde.

Aucune attaque faite à l’encontre des syndicalistes n’est à minimiser

Les affaires judiciaires, quelles soient celles de Roanne, des « 5 d’ERDF-GRDF », de l’inspectrice du travail à Annecy poursuivie par Tefal, de la Bourse du travail du Blanc-Mesnil, de Chartres, du Havre, de Villefranche-sur-Saône ou de la Caisse d’Epargne de l’Ile de France… sont autant de preuves d’une volonté patronale et d’une partie du pouvoir judiciaire, de criminaliser l’action syndicale dans un contexte d’action collective (grève, manifestation…).

Elles sont le reflet de la remise en cause de la démocratie dans notre pays. Pour le patronat et le gouvernement, seule la voie ultra libérale prime pour eux. Aussi, toute voix qui s’élève pour démontrer que d’autres choix alternatifs sont possibles pour gagner le progrès social doit être étouffée !

Apportez-nous votre témoignage

Le 23 septembre, partout en France, les organisations de la CGT sont appelées à organiser des initiatives : rassemblements, manifestations, conférences de presse… qui pourront déboucher sur des rencontres avec le Préfet afin d’exiger l’arrêt des atteintes aux libertés syndicales et de faire connaître les propositions de la CGT. Lire le communiqué de la CGT. Dans le cadre de cette journée d’initiative, la CGT Poitou-Charentes a décidé d’interroger les militants du territoire sur leur expérience de militants. Avez-vous fait l’objet de pressions ? Êtes-vous engagé dans des procédures juridiques ? En avez-vous gagné ? Votre témoignage est précieux, car il permettra de mettre en commun l’expérience syndicale. Les sanctions en droit pénal, qui pèsent contre les militants syndicaux, traités comme des « voyous » par le patronat et certains procureurs, sont inadmissibles et n’ont rien à voir avec la réalité du fait syndical ! Pour la CGT, porter atteinte à un militant syndical, c’est porter atteinte à toute la CGT ! La lutte contre la criminalisation de l’action syndicale, s’inscrit dans la démarche générale de la CGT de lutte contre toutes les formes de discrimination.

Pour nous apporter votre témoignage, écrivez-nous ici.

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