Métiers de l’aide à domicile : la CGT présente un co-projet de Comité d’acteurs locaux

Quel est le quotidien des salariés du secteur de l’aide à domicile ? Comment leur donner envie de se maintenir dans ces métiers ? Les questions des participants à la journée de réflexion sur le secteur de l’aide à domicile en Charente étaient nombreuses. L’objectif de cette journée organisée par le CISTE* était de mieux comprendre les réalités du travail des salariés de ce secteur pour agir et améliorer sa qualité. Une cinquantaine de personnes venues de tout le département y ont participé.

Profil des salariés du secteur de l’aide à domicile

IMG_3208Pour agir et améliorer la qualité du travail des salariés du secteur de l’aide à domicile, encore faut-il en connaître les spécificités. Premier constat : les métiers de l’aide à domicile ne font pas la part belle à la mixité : ils sont occupés à 95% par des femmes et sont jugés très peu attractifs par les jeunes. Ainsi, l’essentiel des employés de maison, personnes de ménages, aides à domicile, aides ménagères et travailleurs familiaux ont entre 45 et 54 ans et sont sans diplômes ou alors très peu diplômés. « J’ai perdu mon emploi il y a quelques années et je n’ai rien retrouvé dans mon secteur, du coup j’ai postulé pour un travail d’aide à domicile » explique une des salariées présentes. Pour beaucoup, l’aide à domicile est loin d’être une vocation. On se retrouve dans ce secteur d’activités bien souvent à cause des aléas de la vie.

Une forte demande et des difficultés de recrutement

DSC02472En 2013, seules 335 offres d’emplois ont été déposées à Pôle emploi dans le département de la Charente. C’est un nombre très faible au regard des besoins du secteur. Les employeurs eux-même expliquent qu’il ont des difficultés à recruter (ndlr : 59% des projets connaissent des difficultés de recrutement) » souligne  Christophe Girardeau, intervenant de l’Agence Régionale de la Formation Tout au Long de la Vie. Pourtant, les métiers de l’aide à domicile figurent parmi les 10 métiers dont les besoins de recrutements sont les plus forts dans le département. « Les recrutements via Pôle Emploi ne représentent que 35% d’entre eux. Dans ce secteur c’est bel et bien le bouche à oreille qui constitue la première porte d’entrée pour les salariés.

Un besoin de reconnaissance et de valorisation

DSC02480Pour les professionnels présents, le secteur de l’aide à domicile propose des métiers d’appoint, au regard du turn over constaté. « Pour la plupart de mes collègues, il est hors de question de finir sa carrière dans l’aide à domicile. Le travail est physiquement et moralement épuisant. Comment imaginer travailler dans l’aide à domicile jusqu’à la retraite ? Pour beaucoup d’entre nous, en raison de notre âge, notre corps est fatigué, nous n’avons plus 20 ans » s’exprime l’une des participantes. Identifiés comme des « petits boulots », les métiers de l’aide à domicile souffrent d’un manque cruel de valorisation juge Marie-France Willaumez, Présidente de la Fédération départementale de l’ADMR. De leur côté, les salariés présents évoquent le manque de reconnaissance de leur travail, d’échanges avec leurs supérieurs, l’industrialisation « scandaleuse » des tâches, le manque de coordination et la difficulté constante d’être livrés à eux-mêmes. « C’est un travail qui repose énormément sur la bonne volonté du salarié et sur son adaptabilité. « C’est un métier qui demande de l’empathie et du respect, c’est un travail social plus que médical, contrairement à ce que beaucoup pourraient penser » estime Fatima Lardjane, Secrétaire du syndicat CGT Aide à domicile 17 et salariée ADMR Saint-Savinien (réseau associatif de services à la personne). Autre critique exprimée, le manque d’instances représentatives du personnel (IRP). « Beaucoup d’employeurs ne jouent pas le jeu des IRP et c’est navrant » explique Catherine Begaudeau, membre du Syndicat CGT Aide à domicile 17 et salariée de l’ADMR Saint-jean d’Angely.

La nécessité d’un lieu de dialogue social territorial

« Jusqu’ici nous ne sommes pas parvenus pas à avoir un dialogue social constructif, alors que parallèlement nous constatons l’étendue des difficultés du salariat de ce secteur : il faut maintenant professionnaliser ce secteur, afin d’améliorer les conditions de travail de ces salariés et améliorer la reconnaissance de ces travailleurs de plus en plus nombreux » explique Evelyne Videau, membre du Comité régional CGT Poitou-Charentes. Pour la CGT, cette journée de réflexion était un moment idéal pour rappeler l’importance qu’il y a à professionnaliser ce secteur pour améliorer les conditions de travail de ses salariés (ndlr : au regard du contexte de manque de structures syndicales). « L’aide à domicile est un véritable vecteur de lien social. Face aux nombreuses difficultés vécues par ce salariat – précarité, manque de formation, conditions de travail difficiles (…) – la création d’un lieu d’échange nous a semblé plus que nécessaire » souligne-t-elle. IMG_3201 Issu d’un appel à projet à manifestation d’intérêt en faveur du développement du dialogue social territorial en Poitou-Charentes, la CGT et la CFDT ont ainsi présenté la création d’un Comité d’acteurs locaux. Il doit permettre de revaloriser et reconnaître les métiers de l’aide à domicile dans ce département. Cet appel à projets s’inscrit dans le Schéma de Développement Économique, Social, Solidaire et Environnemental du Conseil régional. « Nous n’avons pas attendu l’organisation de cette journée de réflexion pour commencer à travailler avec les différents partenaires. Néanmoins, nous souhaitons faire avancer d’un grand pas la situation avec ce nouveau lieu de dialogue social. » souligne Evelyne Videau. La question des conditions de travail, de professionnalisation, d’attractivité de l’emploi et de reconnaissance, pourront enfin y être abordées. Parallèlement, la CGT en tant que signataire du Contrat d’Objectif Territorial Aide à domicile doit concourrir à la mise en place d’outils pour améliorer les conditions de travail. « Les représentants des organisations syndicales inter-professionnelles siègent dans ce nouveau COT, c’est un élément essentiel pour professionnaliser ce secteur. Le COT va être à l’origine de nombreux projets, lesquels recueilleront des financements s’ils correspondent aux engagements du COT » explique Evelyne Videau. La CGT y travaille.

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