Amélioration des conditions de travail en Poitou-Charentes : la CGT s’exprime sur la future charte du réseau ARACT / ANACT

Depuis toujours, la CGT oeuvre pour que les conditions de travail des salariés(es) s’améliorent. L’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de travail et son réseau d’associations régionales (ARACT) sont des outils précieux pour faire avancer le monde de l’entreprise. Le travail réalisé par les équipes de l’ANACT et des ARACT*. repose sur l’observation du travail réel, sur la production, la mise à disposition et la diffusion de connaissances et d’outils à destination des acteurs de l’entreprise pour leur permettre de mieux comprendre ce qui se passe et se joue dans le travail dans toutes ses dimensions. Le 10 octobre 2014, la CGT Poitou-Charentes a été amenée à se prononcer mais aussi à faire ses observations sur la future charte du réseau ARACT/ANACT lors du CA de l’ARACT. Jean-Michel DUPIRE, Secrétaire du Comité régional CGT Poitou-Charentes et vice-président de l’ARACT Poitou-Charentes revient sur la déclaration faite par la CGT. 

Jean-Michel DUPIRE, membre Cgt au CESER

Jean-Michel DUPIRE, Secrétaire du Comité régional CGT Poitou-Charentes et vice-président de l’ARACT Poitou-Charentes

C.R. : Pourquoi cette future charte est-elle importante ?

J.-M. Dupire : Cette charte a pour objet d’incarner des valeurs et principes inscrits dans le COP*., notamment autour de sa mission de service public. A terme, la charte formalisera ainsi un engagement commun de l’ensemble du réseau des ARACT, un mode de relation et de travail, ainsi qu’une contractualisation par un conventionnement entre l’ANACT et les ARACT. Pour la CGT, cette charte incarne les principes du COP et nous n’avons pas d’observations particulières sur celle-ci. Néanmoins, l’adéquation entre les objectifs du COP et les ressources nécessaires à leur mise en œuvre demeure aujourd’hui la véritable préoccupation.

C.R. :  La CGT dénonce une enveloppe budgétaire toujours plus restreinte pour les ARACT. Peux-tu nous en dire plus ?

J.-M. D. : En effet, l’ANACT est l’unique opérateur du programme budgétaire dédié à l’amélioration des conditions de travail, de la qualité de l’emploi et des relations du travail au sein de la mission Travail et Emploi de l’Etat. Pour la CGT, tous les moyens doivent être au rendez-vous pour répondre aux attentes des entreprises et des salarié(es). A ce titre, nous ne pouvons pas d’un côté demander que des contractualisations entre l’ANACT et les ARACT aient lieu – faisant référence entre autre à la mission de service public qui leur est confiée – et dans le même temps ne pas donner les moyens financiers de pouvoir la réaliser !

Depuis plusieurs années, des efforts ont été demandés tant au niveau national que régional par les ARACT, pour « entrer » dans l’enveloppe budgétaire toujours plus contrainte, ce qui a été fait, au prix parfois, de sacrifices. Tout ce travail, n’aurait-il servit à rien? Quand le Directeur de la DGT*., sous couvert de crise et se faisant la voix du Gouvernement nous invite à nous serrer une nouvelle fois la ceinture (sachant qu’il parle de baisse de dotations de l’ordre de 4 à 6% par an), cela a de quoi nous mettre en colère…

C.R. :  Concrètement, quel risques font peser ces baisses de dotations ?

J.-M. D. : Ces baisses remettent en cause le travail de terrain réalisé auprès des entreprises, c’est priver les salariés(es) d’un outil qui participe à améliorer leurs conditions de travail. Sans compter qu’elles participent également à fragiliser l’emploi, notamment territorialement. Si l’enveloppe continue à diminuer, l’ensemble de notre structure (ANACT/ARACT) subira une double peine, au regard de la baisse de la dotation à l’ANACT et de son corollaire sur les ARACT. Cela aura aussi des conséquences au niveau territorial avec des craintes autour des dotations au niveau des DIRECCTE*. et ce, sans présager de la réforme territoriale et de son impact qui s’avèrent inévitables nous concernant – préoccupation supplémentaire pour les ARACT, leur gouvernance et leurs équipes sur les trois régions -. En effet, les Conseils régionaux étant des contributeurs au financement des ARACT, la préfiguration d’une seule région pourrait hypothéquer les dotations futures.

C.R. : Pourquoi est-il nécessaire pour la CGT d’améliorer l’ancrage territorial du réseau des ARACT ?

J.-M. D. : Que ce soit dans le groupe tripartite ou dans la préparation du Contrat d’Objectifs et de Performance (COP) de 2014 – 2017, la CGT, mais pas seulement, a largement participé à construire les outils indispensables que sont l’ANACT et son réseau. L’objectif est de mieux répondre aux attentes du monde du travail, entre autre en réaffirmant tout l’intérêt de hisser les conditions de travail et les enjeux de l’organisation du travail au rang des facteurs de « performance » des entreprises, mais aussi en favorisant un meilleur ancrage territorial avec le développement du réseau. Les salariés(es) et l’entreprise se retrouvent dans ces grands volets. C’est pourquoi nous voulons et nous devons le conforter, le préserver.

C.R. :  Que préconise la CGT ? 

J.-M. D. : Pour la CGT, nous mesurons là encore les choix désastreux du gouvernement, à travers leurs conséquences, de la mise en place du CICE et du pacte de responsabilité qui, pour l’instant, n’ont toujours pas créé d’emplois, et la baisse annoncée de 50 milliards d’euros de dépenses publiques. En plus d’affaiblir le pays, ce sont les salariés(es) qui en paient les frais aujourd’hui. Le Comité régional CGT a la conviction que – à force de faire l’impasse sur l’activité du travail elle-même, de ne pas comprendre les transformations de sa nature et de sa structure, celles qui sont à l’œuvre et celles qui devraient l’être, de négliger le débat sur la qualité d’un travail bien fait et l’efficacité d’un travail utile – le monde du travail continue de s’épuiser, l’économie et le social souffrent, des ressources publiques sont dilapidées, les inégalités et l’insécurité sociale progressent, le « vivre ensemble » se disloque. Alors, les interrogations d’hier restent toujours d’une brûlante actualité. Est-il possible ou pas de faire un travail de qualité, un travail dans lequel on puisse se reconnaître et construire un monde meilleur pour soi et pour les autres, où se développe, entre autre, une nouvelle dynamique industrielle, économique et écologique, opérant la transition vers un nouveau type de développement ? Pour la CGT, d’autres choix politiques, plus sociaux, doivent être faits, les moyens existent au regard des aides données sans contrepartie aux grosses entreprises, et doivent être réorientés vers le travail, et entre autre, vers l’ANACT et son réseau. C’est la seule condition, pour répondre à la demande du monde du travail, sinon il est à craindre que nous en payons les frais tant en emplois qu’en services manquants pour l’ensemble du monde de l’entreprise. Le 24 septembre, lors de l’audition au Sénat des Confédérations concernant le plan « Santé au travail », l’ensemble des organisations se sont retrouvées rassemblées pour plaider le maintien des dotations de l’Etat en direction de l’ANACT et du réseau.

C.R. : Merci pour ces informations et à bientôt Jean-Michel 

J.-M. D. : A bientôt.

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Une réflexion sur “Amélioration des conditions de travail en Poitou-Charentes : la CGT s’exprime sur la future charte du réseau ARACT / ANACT

  1. Socio-Scop dit :

    Bonjour,
    je me permet de réagir tardivement sur cet article, mais ma réflexion concerne le billet « Journée de réflexion sur les métiers de l’aide à domicile en Charente : comprendre le travail pour agir et améliorer sa qualité » du 13/10/2014.
    J’ai assisté le 2 avril à Toulouse au bilan des actions de prévention dans le secteur de l’aide à la personne en Midi-Pyrénées organisé par le Midact (anact midi-pyrénées).
    Rencontre au combien intéressante, et le peu de temps imparti fut frustrant car la problématique est épaisse.

    On peut se réjouir que les conditions de réalisations du travail se rapprochent du coeur des préoccupations de la CGT (et de certaines autres organisations syndicales) : Cette approche permet de se recentrer sur le travail concret (et donc sur la production de la valeur d’usage), et ne plus s’en tenir au travail abstrait (et sa valeur d’échange). Donc, comment, les salariés produisent leur existence.

    Et dans le cas de l’aide à domicile, comment l’aide à domicile produit aussi l’existence des bénéficiaires.

    Cependant, Il me semble qu’il reste difficile d’échapper à l’écueil de la « technisisation » de la prévention. J’entends par là, la production d’outils (expertises, fiches, bonnes pratiques, conseils, etc.) que seuls des experts pourraient utiliser.
    A mon avis, la prévention des risques pro et l’amélioration des conditions de travail a du mal à s’extraire de la taylorisation.

    C’est un vaste débat, mais il est essentiel : L’efficacité syndicale et son avenir ne passe pas par le syndicalisme d’experts.

    Au plaisir d’en débattre,
    bien fraternellement,
    David Marchand

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