Propositions chocs du MEDEF : on n’arrête plus Pierre Gattaz

Le moins qu’on puisse dire c’est que Pierre Gattaz, patron de la première organisation patronale de France, n’est pas du genre à craindre la surenchère. Elle ne produit rien de positif pour le dialogue social, mais il n’en a que faire. Comme de coutume, à la faveur de la publication mensuelle des chiffres du chômage, il en a profité pour faire de nouvelles propositions chocs « pour redresser la France ». Malgré les milliards d’allègement de charges consentis aux entreprises, les nombreuses autres réformes ou encore la ligne économique clairement libérale du pouvoir exécutif, le report de la reconnaissance de pénibilité (…), rien n’y fait. Pierre Gattaz en veut toujours plus. Derrière ses nouvelles propositions, l’objectif est bel et bien de précariser et flexibiliser un peu plus encore le marché du travail. Une provocation de plus à l’heure où la France compte plus de cinq millions de chômeurs. Thierry Lepaon, Secrétaire général de la CGT réagit à ces propositions.

« Et puis quoi encore !… La démonstration est faite. Chaque cadeau offert au patronat le pousse à en demander toujours plus. 41 milliards d’euros de cadeaux du pacte de responsabilité, 50 milliards d’économies pour les salariés, affaiblissement du droit des chômeurs, blocage du SMIC, report de la reconnaissance de la pénibilité, ne lui suffisent pas. Il propose donc la suppression de deux jours fériés, l’adaptation du temps de travail par accord d’entreprise, la généralisation du travail le dimanche et en soirée, la création d’un contrat de projet pour remplacer le contrat à durée indéterminée, une réforme des seuils sociaux…

L’entreprise idéale du MEDEF et de la CGPME, c’est la suppression de la durée légale du travail, la fin du CDI, le recul de l’âge de la retraite, des salariés soumis à l’arbitraire patronal avec la fin des garanties pour tous et l’absence de voie de recours, la remise en cause du SMIC… C’est un véritable recul social pour l’ensemble des salariés.

En passant à l’offensive, cela évite au MEDEF de rendre des comptes à l’entreprise, aux salariés et aux pouvoirs publics. Le Président du MEDEF peine toujours à nous présenter les résultats sur les millions d’emplois créés en contre partie des 220 milliards d’aides annuelles aux entreprises. A la veille de l’ouverture des négociations concernant le dialogue social, le patronat mène une charge lourde contre la hiérarchie des normes au travers de la remise en cause des 35 heures.

Dire que la négociation d’entreprise primerait sur la loi, c’est remettre en cause le principe des garanties sociales pour tous les salariés. Privilégier les accords d’entreprise par rapport à la loi, c’est le pot de fer contre le pot de terre. C’est la porte ouverte à la déréglementation sociale et au dumping social.Les préconisations moyenâgeuses du MEDEF, c’est une aggravation assurée du mal travail et du manque d’efficacité des entreprises.

Inverser cette spirale demande aux salariés de réagir collectivement. Ils auront l’occasion de le faire avec la CGT le 16 octobre prochain pour défendre leur protection sociale.»

Deux semaines après la réunion des partenaires sociaux consacrée à l’élaboration de l’agenda social, le Medef tente encore une fois de culpabiliser les salariés, les chômeurs, les précaires, et de détricoter de nouveaux pans du code du travail. En voulant prétendument « poser les bases d’un nouveau consensus social », et relancer la croissance en créant un très spéculatif million d’emplois sur cinq ans, le MEDEF égrène une fois de plus des propositions à la fois caricaturales et agressives pour la démocratie.

La CGT appelle donc les salariés, les privés d’emploi et les actifs à se mobiliser massivement le 16 octobre. Si l’initiative s’inscrit dans la campagne de reconquête de la Sécurité sociale, elle est un des versants de la campagne engagée depuis plusieurs mois sur le coût du capital.

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