Une rentrée chargée pour le Comité régional CGT Poitou-Charentes

Alors que le monde connait la situation internationale la plus grave depuis plus d’une décennie, déstabilisant dangereusement les équilibres géopolitiques, la crise politique gouvernementale de ces derniers jours qui a mené à l’arrivée au poste de Ministre de l’Économie l’ancien banquier d’affaires de chez Rothschild Emmanuel Macron symbolise le tournant libéral de Hollande. Jusqu’ici déjà très assumée, la ligne économique du quinquennat du président Hollande devient plus que jamais limpide. Et comme si cela ne suffisait pas, au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement, le jour de la publication des chiffres du chômage qui continuent d’augmenter, le Premier ministre, Manuel Valls, s’est livré à une véritable déclaration d’amour à l’entreprise lors de l’ouverture de l’Université d’été du Medef (voir la vidéo).

Les dossiers du Comité régional CGT
Jean-Michel DUPIRE, membre Cgt au CESER

Jean-Michel DUPIRE, Secrétaire du Comité régional CGT Poitou-Charentes

À l’image du reste de la France, les entreprises picto-charentaises ne sont pas épargnées par cette crise profonde : licenciements, fermetures d’usines, recours massif aux CDD, opacité sur l’utilisation des aides aux entreprises, etc. C’est pour cette raison que le Comité régional CGT Poitou-Charentes a ouvert des chantiers dont il poursuivra les actions durant l’année à venir. Poursuite du travail engagé sur le projet de Réforme territoriale, sur l’égalité professionnelle entre femmes et hommes… et lancement de nouveaux projets comme :

– Le contrôle et de l’évaluation des aides accordées aux entreprises dans le cadre du CICE et du Pacte de responsabilité, plus que jamais d’actualité

– Travail autour des aides à domicile avec un temps fort prévu pour le 16 octobre sur la Charente

la-carte-des-nouvelles-regions-ne-plait-pas-vraiment-aux_917722_667x333Réforme territoriale

En janvier 2014 a été adoptée par le Parlement la loi MAPAM. Elle vise la refonte des compétences entre collectivités. Le 8 avril dernier, le Premier ministre a annoncé une nouvelle réforme territoriale. Véritable big bang territorial, elle s’inscrit dans le Pacte de responsabilité imposant 50 milliards d’euros d’économie de dépenses publiques. Le 2 juin, François Hollande a quant à lui dévoilé le projet de nouvelle carte des régions. Les conséquences qu’elle implique sont montées en puissance dans l’actualité politique. 

Pour la CGT, les problématiques liées à l’organisation administrative de l’Etat ne sont pas nouvelles. Cela nous a fourni une solide réflexion au sujet du projet de fusion des régions, regard que nous avons exprimé publiquement, notamment au CESE Poitou-Charentes dans le cadre des travaux sur le « Devenir des régions » et que nous continuerons à exprimer aussi longtemps qu’il le faudra dans les mois à venir. Notre réflexion est bâtie à partir de 3 principaux axes : les objectifs de ce projet, les objectifs que la CGT assigne à une réforme, et pour finir la question de la méthode marquée d’un déficit de démocratie sociale et citoyenne. Pour la CGT, l’objectif principal doit demeurer le bien être des habitants, lequel repose sur des notions de démocratie et d’implication des salariés et des citoyens dans le débat, d’égal accès aux services publics et de réponses à leurs besoins. Du point de vue économique et du développement des coopérations, a contrario de la mise en concurrence de tout contre tous. Dans la continuité du colloque organisé par le Comité régional le 25 juin, le Comité va poursuivre avec l’ensemble des organisations territoriales de la CGT, des temps d’échanges et d’appropriation par les directions syndicales des enjeux que comporte ce projet pour le monde du travail, en organisant des journées d’étude sur le territoire picto-charentais.

Formation professionnelle

Evelyne VIDEAU, membre du Comité régional en charge de l'animation de l'activité Formation professionnelle et EPFH

Evelyne VIDEAU, membre du Comité régional en charge de l’animation de l’activité Formation professionnelle et EPFH

La mise en œuvre de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale réforme de façon importante un certain nombre de dispositifs. Les décrets d’application ont été publiés. La gouvernance des politiques de formation et d’orientation s’exercera désormais entre l’Etat, les régions et les partenaires sociaux. Ainsi, le CCREFP et le Conseil régional de l’Emploi deviennent le CREFOP, avec une mission élargie puisqu’il s’agira d’assurer la coordination des politiques d’orientation de formation professionnelle  et d’emploi et la cohérence des programmes de  formation de la région.

Face à ces nouvelles missions,  les mandatés CGT de la formation professionnelle vont travailler autour 2 axes prioritaires :

– Permettre un accès pour tous à une formation qualifiante et en particulier envers ceux qui en ont le plus besoin

– Informer et outiller les syndicats en coopération avec les structures territoriales sur les enjeux de la réforme. L’objectif est d’accompagner les syndicats dans la maîtrise des nouveaux dispositifs (compte personnel de formation, plan de formation, etc.)

Colloque EPFH du 19 février 2014

Le 19 février 2014, le Comité régional CGT Poitou-Charentes a organisé un colloque sur le thème de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (voir notre article)

Égalité professionnelle Femme/Homme

La CGT a souhaité prendre toute sa place dans ce qu’elle considère comme un vrai enjeu de justice sociale. C’est ce volontarisme qui est à l’origine de son intégration dans le réseau Égalité professionnelle femme/homme régional. Parallèlement, la CGT a organisé un plan de travail et d’action en direction des syndicats pour transformer la situation et progresser concrètement. Quatre référents (1 par Union départementale) ont été présentés. Une réunion a eu lieu le 25  juin avec l’ARACT, dont l’objectif principal a été d’outiller et de sensibiliser ces référent-e-s pour la négociation, afin de leur permettre d’assurer l’animation de stages et le suivi des accords. Ainsi, des journées de formation en partenariat avec les structures territoriales et les syndicats vont être organisées pour outiller les délégués du personnel, délégués syndicaux et élus CHSCT afin de comprendre et d’agir sur les écarts entre femmes et hommes lors des négociations. D’ores et déjà, un stage est prévu en Charente-Maritime du 1er au 3 décembre 2014.

Une réunion des référents pour faire un suivi de l’avancement de ce chantier aura lieu le 15 octobre. Toujours dans les prochains mois, le Comité régional avec la participation de l’ARACT va essayer de créer un outil de suivi facilitant le travail de négociation et le suivi.

Au mois de décembre se déroulera un colloque sur ce thème, co-organisé avec le CISTE, en présence notamment de Rachelle Silvera, économiste. Maîtresse de conférences à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, chercheuse associée à l’Université Paris Descartes et membre du réseau de recherche « Marché du travail et genre », elle est aussi membre de la commission confédérale femmes-mixité. Elle vient de publier un ouvrage intitulé « Un quart en moins : des femmes se battent pour en finir avec les inégalités de salaires« . 

Travail / Santé

883Au mois de septembre, le Comité régional CGT réunit tous ses mandatés (services de santé au travail, CARSAT et CTR, ARACT, CRPRP). L’objectif est double : à la fois réunir l’ensemble des mandatés pour qu’il y ait un échange, sur une mise en commun d’informations sur les différentes actions de la CGT dans les différentes institutions. Le but étant de développer un réseau un peu plus probant en terme d’information et d’échanges). Ce sera aussi l’occasion de faire un bilan collectif de cette activité, de dégager des pistes d’actions pour les mois à venir dans un contexte où la souffrance au travail, la pression sur les salaires et les collectifs de travail s’accentuent, comme en atteste la dernière étude de la Dares. Comme dans bien des domaines, il n’y a pas de fatalité à cette dégradation constante des conditions de travail, de la souffrance au travail vécue par les salariés de l’ensemble des catégories professionnelles. La CGT a fait de la transformation du travail une revendication stratégique (Découvrir le dossier spécial « Transformer le travail » – Le Peuple – Juin 2014). D’une manière générale, les ambitions revendicatives de la CGT visent le progrès social permanent. Il s’agit de combiner transformation du travail dans toutes ses dimensions, répartitions des richesses et nouveau mode de production pour un développement humain durable.

Le 12 septembre sera l’occasion pour les militants et mandatés du territoire de réaffirmer ces convictions dans les institutions régionales et de concourir au déploiement de la démarche de la CGT dans les entreprises, les lieux de travail, et de mettre en débat et construire avec les collectifs de travail, des alternatives à partir de la réalité de leur vécu. Qui de mieux placé que les salariés eux-mêmes pour parler de la réalité de leur travail et proposer des réponses adaptées ?

Des actions pour faire bouger les lignes

La CGT revendique haut et fort la nécessité de rompre avec ces politiques néfastes. Plus que jamais l’heure est de dire non aux exigences patronales, aux marchés financiers, aux libéraux de la Commission européenne. Cette dégradation flagrante de la situation atteste, une fois de plus, de la nocivité des cadeaux fiscaux pour les entreprises, et de la politique d’austérité que poursuit le gouvernement, avec notamment la pression sur les dépenses publiques et sociales utiles, alors que des milliards d’euros continuent d’être accordés aux entreprises sous la forme d’aides et d’exonérations fiscales et sociales sans évaluation ni contrôle. Si la croissance est aussi faible dans les autres pays européens et notamment en Allemagne, la gravité de la situation en France s’explique avant tout par la stratégie des entreprises et les choix erronés du gouvernement qui accommodent la logique patronale de la pression sur l’emploi, les salaires et les conditions de travail au nom de l’amélioration de la compétitivité.

Pour éviter la spirale déflationniste, pour dynamiser l’activité économique et l’emploi, il est indispensable d’augmenter les salaires, les traitements, les pensions et les minima sociaux. Pour dynamiser l’investissement et l’emploi, il faut mobiliser l’ensemble des moyens, de la fiscalité au système financier et notamment les banques. Il faut conditionner toute aide au respect des critères précis en termes d’emploi, de salaire, d’égalité femmes/hommes, et établir des droits pour les salariés. Et ce n’est pas le projet de Réforme territoriale qui devrait arranger les choses. Présenté à la hâte, cette réforme territoriale qui aura des conséquences sur la vie quotidienne de chacun-e, aurait dû être précédée d’une large consultation publique, associant les organisations syndicales de salariés et les principaux acteurs de la société civile. Le gouvernement a choisi de « passer en force », bafouant la démocratie. Ce débat parlementaire « accéléré » et les nombreuses prises de positions d’élus, y compris de la majorité, révèlent bien les limites de cette méthode.

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