Suppressions de postes chez Delpeyrat à Thouars : la direction passe aux aveux

La colère ne faiblit pas à l’usine Delpeyrat de Thouars, elle s’intensifie même au grand dam de sa direction. Depuis qu’ils ont appris que cette même direction avait l’intention de diminuer la production de leur site thouarais, les salariés de Delpeyrat sont révoltés. E t on les comprend… Cette diminution de production s’accompagne d’un plan dit de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) prévoyant le transfert de 58 des 86 employés de l’usine des Deux-Sèvres vers celle d’Agen. Hier pendant qu’une délégation CGT-CFDT était reçue par la direction, près d’une centaine de salariés manifestaient leur colère face aux grilles de leur lieu de travail. Quelques jours plus tôt, c’était le blocage temporaire des camions de chargement par les militants qui avait poussé la direction à rencontrer les salariés et à avouer ce que la presse locale faisait alors courir sous forme de rumeur.

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Le 29 août, ils s’étaient déplacés à Agen pour expliquer à leurs collègues de Midi-Pyrénées la nouvelle organisation souhaitée par leur direction. « Nous sommes là pour faire la communication que les dirigeants ne font pas, expliquait alors Michel Ferey, militant CGT. Ce PSE implique une restructuration de l’entreprise et non pas d’un seul établissement. À Agen cela va entraîner une augmentation des volumes et de nombreux changements, notamment sur la question des horaires. » Hier, les mots étaient toujours aussi virulents à l’égard de la direction « Ce plan n’a pas d’autre signification que de fermer l’usine. Delpeyrat vient de lancer des recrutements d’emplois saisonniers pour la fin de l’année à Thouars ! » martèle le militant. « Qui peut accepter un transfert à plus de 400 km de chez lui ? Nos familles, y pensent-ils ? » ajoute Nicolas Fergeault, élu CGT de l’entreprise.

Des aveux de la direction et une perte totale de confiance de la part des salariés

Hier, pendant que près de 130 salariés manifestaient devant leur entreprise, la direction recevait des représentants du personnel. Alors que ces derniers s’attendaient à débuter les négociations autour des termes du « livre 2 » du plan social que subissent les salariés, c’est la question du déficit de l’entreprise qui a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause. Au moment même où les salariés manifestaient à l’extérieur de l’entreprise, à l’intérieur, leurs représentants apprenaient coup sur coup deux révélations. D’une part que le bilan économique de l’entreprise pour les exercices 2011, 2012 et 2013 comprenait des « erreurs », et d’autre part que les vraies raisons du départ vers Agen de « l’ultra-frais » n’étaient pas celles annoncées jusqu’ici. Nicolas Fergeault, élu CGT de l’entreprise, explique « Aujourd’hui, la direction a avoué que le déficit de la branche traiteur est bien au-delà des 300 000 € qu’on nous avait annoncés (ndlr : la presse évoque 3,5 millions d’euros de déficit pour le dernier exercice), mais nous apprenons aussi que c’est Carrefour qui aurait demandé le départ vers Agen de la spécialité du site thouarsais en 2011 (ndlr : « l’ultra-frais »). Nous nous sentons trompés » Du côte de l’UD CGT du département des Deux-Sèvres, Vanessa Couturier (Secrétaire de l’Union) explique « Chacun attend désormais de pied ferme le rapport d’expert (ndlr : communiqué le 22 septembre) autour de la situation économique de l’entreprise, pour que toute la clarté soit faite. Les salariés ne sont pas prêts à se laisser faire ».

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« l’extrême gravité de la situation » 

En effet, Face à « l’extrême gravité de la situation », de nombreux salariés ont prévenu qu’ils maintiendraient la pression sur la direction par le biais de diverses actions. Alors que la prochaine réunion aura lieu le 6 octobre, dans le cadre de la procédure du Plan de sauvegarde de l’emploi, ils savent d’ores et déjà qu’ils bénéficient du soutien des élus locaux qui les ont reçu récemment en présence du député Jean Grellier. Des élus qui n’ont pas oublié que le groupe avait pris des engagements suite au rachat de l’entreprise en 2009, notamment en promettant des développer l’activité sur le site de Thouars. Des promesses que les salariés eux non plus n’ont pas oublié.

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