L’urgence d’une autre répartition des richesses produites par le travail

Au service des politiques d’austérité européennes, la ligne économique du gouvernement a conduit à une véritable stagnation de la richesse produite dans le pays. Avec un PIB qui fait du surplace depuis maintenant deux trimestres, atteindre les 1% de croissance redevient un horizon lointain pour le gouvernement. Pour autant, si le pays vit une situation économique et sociale particulièrement grave – d’ailleurs toute la zone euro est à l’arrêt du point de vue de l’activité économique – cela n’empêche pas les entreprises d’être particulièrement généreuses avec leurs actionnaires. Instigateur discret du Pacte de responsabilité de 220 milliards d’euros, Emmanuel Macron est un signal fort pour le patronat : l’exécutif est à ses côtés et sera toujours plus généreux avec lui. C’est oublier le désastre que représente déjà la politique économique du gouvernement.

Censés doper l’économie en produisant de la richesse, de l’emploi et de l’investissement, les milliards d’euros de cadeaux fiscaux déjà offerts par le gouvernement aux entreprises n’ont eu pour finalité qu’épaissir le porte-monnaie des actionnaires. La preuve ? L’investissement des entreprises régresse, la production industrielle continue de reculer pratiquement dans toutes les grandes branches, les exportations stagnent. Le seul facteur qui contribue – toute proportion gardée – positivement à l’activité économique, c’est la consommation, notamment celle des ménages. Mais là encore ce facteur risque aussi de prendre un coup à la rentrée. Selon une étude publiée au mois d’août 2014, la France est devenue championne des versements de dividendes au dernier trimestre en Europe (et deuxième au niveau mondial, derrière les Etats-Unis). En période de crise, la France se serait bien passée de ce genre de trophée… Une fois de plus, ce serait oublier que ces milliards d’euros n’ont pas pour vocation à finir en dividendes, mais de produire de créer de l’emploi et permettre aux entreprises d’investir, ailleurs que dans le porte-monnaie de leurs actionnaires. Malgré tout cela, le président de la République s’obstine à considérer que le travail serait un coût et refuse de tirer le bilan de sa politique qui a déjà offert au patronat 220 milliards d’Euros – Pacte de responsabilité et CICE – payés par les salariés. Nier le besoin d’augmenter les salaires (revendication principale des salariés) et ne faire reposer l’augmentation du pouvoir d’achat que sur une baisse de la fiscalité des ménages est la démonstration de l’absence totale de prise en compte des attentes et des réalités vécues par les salariés. Déjà, lors de la Conférence sociale de juillet 2014, il a refusé d’entendre les 94 exigences et les 5 priorités formulées par la CGT qui permettraient de mettre fin à l’austérité et de renouer avec la croissance. Pire, peu avant la dernière Conférence sociale, le Patronat a exprimé au gouvernement ses critiques, notamment autour de 5 mesures ou dispositifs. Qu’à cela ne tienne, quelques jours avant la Conférence sociale des 7 et 8 juillet, le Premier ministre annonçait le report du compte pénibilité, des aménagements législatifs pour sécuriser les employeurs utilisants des contrats de moins de 24 heures, des « simplifications possibles du Code de travail »… Depuis de nombreux mois, le gouvernement ne cesse de donner des assurances au Patronat sur la continuité de la politique choisie, sa stabilité et sa cohérence à son service. L’urgence d’une autre répartition des richesses produites par le travail est une question fondamentale. Nous pouvons faire autrement ! Les salariés doivent intervenir pour renverser les rapports de force, en combattant le Medef et en poussant le gouvernement à changer de direction afin de mettre en place un projet et une politique de progrès social, seule véritable alternative !

Emploi salariés et chômage de masse

Sur le front de l’emploi, le constat est sans appel : l’emploi salarié ne cesse de diminuer et le nombre de chômeurs avoisine les 10%. Sur un an, ce sont plus de 150 000 postes de travail qui ont été détruits. Parallèlement, la précarité de l’emploi s’installe encore plus durablement. En Poitou-Charentes, le constat est le même, comme nous le publions dans nos colonnes le 28 août. À l’image du reste de la France, les entreprises picto-charentaise ne sont pas épargnées par cette crise profonde : licenciements, fermetures d’usine, recours massif aux CDD, opacité sur l’utilisation des aides aux entreprises, etc. C’est pour cette raison que le Comité régional CGT Poitou-Charentes a ouvert des chantiers dont il poursuivra les actions durant l’année à venir. Poursuite du travail engagé sur le projet de Réforme territoriale, sur l’égalité professionnelle entre femmes et hommes…

Lire notre article « Une rentrée chargée pour le Comité régional CGT Poitou-Charentes« 

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