« Tête haute » : un reportage sur le combat des salariés des Fonderies du Poitou

Pour voir et revoir ce reportage pendant 7 jours, cliquer ici

Tete_H_Jak_267x183_FO_EXE_01vIl a fait l’ouverture du Festival international « Filmer le travail » le 7 février dernier. Il a notamment reçu le prix des jeunes journalistes du Festival International du Grand Reportage d’Actualité et est diffusé dans diverses salles mais aussi lycées de la région. « Tête haute, 8 mois de bagarre », le reportage d’Yves Gaonac’h sera diffusé mardi 9 septembre dans l’émission Infra Rouge de France 2. Au-delà de l’intérêt évident que représente un tel reportage pour chacun d’entre nous en ces temps de restructurations, délocalisations et fermetures d’usines aux quatre coins de l’hexagone, voici un tour des raisons pour lesquelles il faut regarder de toute urgence « Tête haute, 8 mois de bagarre ».

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1/ Parce que ce reportage raconte l’histoire d’une victoire collective

Fin 2011, Yves Gaonac’h se rend à l’avant première d’un film sur la lutte des salariés de New Fabris, entreprise sous-traitante de Renault ayant subi un plan social (2009), et que les salariés concernés avaient décidé de médiatiser, pour « ne pas crever en silence ». Le conflit est particulièrement dur, l’usine est finalement fermée,« chacun prend son chèque et c’est fini » explique Yves. « On voit les ouvriers désemparés. Tout ça m’a déprimé. Je me suis dit : il y a aussi des réussites, et il faut en parler ». « Tête haute, 8 mois de bagarre », c’est l’histoire d’une lutte victorieuse dans l’industrie picto-charentaise. Celle des ouvriers des Fonderies du Poitou (Vienne), sous-traitants en culasses pour voitures, qui se voient proposer, un beau matin de 2011 , une baisse de 25% sur leur salaire, ou rien… Ils choisissent de se battre. Ils lancent une grève, avant de reprendre le travail, et de mettre Renault, leur principal donneur d’ordre, face à ses responsabilités. La reprise en main des Fonderies du Poitou, après 8 mois de lutte, délivre un message d’espoir et d’avenir. A l’heure où nous écrivons ces lignes, les salariés des Fonderies du Poitou viennent de décrocher un contrat avec Fiat.

2/ Parce que son réalisateur n’a pas fait les choses à moitié

reportageLa semaine où la nouvelle tombe pour les salariés des Fonderies du Poitou, Yves Gaonac’h se rend sur leur lieu de travail et allume sa caméra. « L’un dans l’autre, au bout de quatre semaines, je suis toujours là avec eux, je vois un mouvement se durcir, j’assiste à des tas de choses à raconter et un matin je me dis : « je suis assez rentré dans cette histoire, maintenant je ne retourne plus en arrière, je reste avec eux jusqu’au bout » ». Finalement, le réalisateur restera 8 mois à leur côté. Une immersion totale parfaitement restituée. »

3/ Parce qu’une vraie relation de confiance s’est construite entre le réalisateur et ses salariés

reportage2Lorsqu’Yves Gaonac’h a commencé à filmer, il a senti des salariés gênés.« L’entreprise New Fabris était désormais fermée et certains ouvriers étaient passés aux Fonderies du Poitou. On me prenait pour le réalisateur du long métrage qui avait mis en lumière leur lutte (nldr « Au prix du gaz »). C’était une bonne carte de visite. Il ont assez vite accepté que je les suive voyant que je n’étais pas là « faire du scoop », constatant que je prenais du temps pour les écouter. Il faut dire que dans un même temps, une grande chaîne nationale leur avait suggéré de faire « monter la pression » ou se radicaliser pour passer au 20h (ndlr : en référence aux menaces de tout faire exploser utilisées par les salariés de New Fabris). Au début du reportage, un ouvrier interpèle le réalisateur « vous êtes qui ? ». Quelques jours plus tard, on lui demande de mieux se présenter. C’est chose faite, on lui  répond avec humour :« ok, mais si vous comptez rester, ça risque de durer, il va falloir vous raser ». Quand on lui demande si pour se faire oublier il faut nécessairement se faire accepter, Yves Gaonac’h répond « clairement« .

4/ Parce que Yves Gaonac’h n’a pas eu les mêmes contraintes techniques que les journalistes

Le réalisateur passait ses journées aux côtés des salariés, sans équipe, seul avec sa caméra.  « C’est un vrai luxe que ne peuvent pas se permettre beaucoup de collègues du métier, une vraie différence culturelle qui a toute son importance pour traiter au mieux un tel sujet. »

5/ Parce qu’il nous fait aussi visiter un territoire à travers le prisme de la solidarité

reportage4« Je fais ce travail pour rencontrer des gens. Cela m’a permis de redécouvrir mon territoire, notamment à travers la solidarité. Je pensais que j’allais filmer l’indifférence des habitants par rapport au conflit et ce n’est pas du tout ce que j’ai découvert dans les environs de Châtellerault. J’ai vu des commerçants offrir de la nourriture aux salariés, des banquiers accepter de repousser leur crédit immobilier…

6/ Parce que « Tête haute: 8 mois de bagarre » regorge de dialogues savoureux

Au bout de 3 mois, un délégué syndical passe devant le réalisateur sur le parking de l’entreprise. Il lui envoie :« T’es toujours là toi ? Quand est-ce que tu travailles ?  Je lui réponds : « Je ne t’ai jamais vu bosser jusqu’à présent ! » ».


YVES GAONAC’H :

Yves Gaonac’h a débuté sa carrière dans une association d’Education à l’Image où il y a appris les ficelles du métier, production, son et image. Peu à peu, il s’est mis à faire des réalisations « communautaires ». Il réalise de nombreux reportages, documentaires, films institutionnels en traitant des thématiques sociales et culturelles (depuis 2000).

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