François Hollande : à contre sens

À l’occasion de la rentrée politique du gouvernement, François Hollande a accordé une interview au journal Le Monde ce mercredi 20 août. Alors que celui-ci y brasse plus ou moins tous les sujets d’actualité, le président s’obstine à considérer que le travail serait un coût et refuse de tirer le bilan de sa politique. Une politique qui a déjà offert au patronat 220 milliards d’euros – via le Pacte de responsabilité et le CICE – payés par les salariés. Pour la CGT, cette politique ne peut plus durer. Pour le président, elle doit être poursuivie et accélérée.

« À ceux qui disent qu’il faut revoir la stratégie alors même que les mesures viennent tout juste d’être votées, je réponds que toute godille ou tout zigzag rendrait incompréhensible notre politique et ne produirait pas de résultats. (…) La crédibilité c’est de ne pas rester immobile. C’est de s’adapter aux circonstances mais aussi de rester cohérent. »

François Hollande – 20.08.14 –

Nier le besoin d’augmenter les salaires (revendication principale des salariés) et ne faire reposer l’augmentation du pouvoir d’achat que sur une baisse de la fiscalité des ménages est la démonstration de l’absence totale de prise en compte des attentes et des réalités vécues par les salariés.

Déjà, lors de la conférence sociale de juillet 2014, le président de la République avait refusé d’entendre les 94 exigences et les 5 priorités formulées par la CGT. Pourtant, elles permettraient de mettre fin à l’austérité et de renouer avec la croissance.

Présente lors de la première journée de la Conférence sociale 2014, la CGT avait décidé de ne pas participer aux tables rondes de la seconde journée de la Conférence (juillet 2014).

Ces priorités sont :

- Revaloriser le SMIC, l’indice des salaires dans la Fonction Publique, les pensions et les minimas sociaux ;

- Etablir un calendrier d’ouverture des négociations dans les branches professionnelles sur les grilles de qualifications ;

- Mettre en œuvre une véritable démocratie sociale qui permettra aux salariés de pouvoir bénéficier d’un droit d’expression direct et collectif sur leur travail quelle que soit la taille de l’entreprise ;

- Relancer l’emploi par l’investissement industriel au travers du plan d’investissement porté par la Confédération Européenne des Syndicats ;

- Contrôler les aides publiques accordées aux entreprises en les réorientant sur l’emploi et l’investissement.

Hollande et la course effrénée à la compétitivité

Ce n’est pas un secret, le président de la République est convaincu que la compétitivité de l’économie française est la clé de la situation. Alors que les « frondeurs » tentent de profiter des mauvais chiffres de la croissance pour infléchir enfin la politique de l’exécutif, Manuel Valls n’a pas hésité à les a qualifier « d’irresponsables », assurant qu’il était « hors de question de changer de politique ». Parallèlement, alors que le gouvernement est en passe de renouveler des cadeaux fiscaux aux entreprises, la France est sacrée championne des versements de dividendes … En effet, selon une dernière étude, les entreprises françaises ont accordé 40,7 milliards de dollars à leurs actionnaires (augmentation de 30% en 1 an), plaçant l’hexagone en seconde position sur le podium après les Etats-Unis. C’est oublier que le coût du capital est un véritable frein à la relance de l’économie, qu’il demeure de l’argent improductif servant simplement à le nourrir, ainsi qu’à nourrir la finance.

« J’ai fixé un cap, c’est celui du pacte de responsabilité. L’objectif est clair : moderniser notre économie en améliorant la compétitivité et en soutenant l’investissement comme l’emploi. Aujourd’hui, ce n’est pas parce que la conjoncture est plus difficile en France et en Europe que nous devons y renoncer. Au contraire, nous devons aller plus vite et plus loin. »

François Hollande – 20.08.14 –

Pour toutes ces raisons, à l’initiative de la CGT de Charente-Maritime, des militants feront entendre leur voix, avec l’organisation d’une contre conférence sociale, le 30 août lors de l’Université d’été du PS à la Rochelle. Devant l’entêtement du chef de l’Etat et de son gouvernement, la CGT réaffirmera la nécessité que les salariés, les retraités et les privés d’emplois se mobilisent massivement dans l’unité la plus large. D’autant plus que pour sa rentrée gouvernementale, le président de la République a annoncé qu’il veut « accélérer les réformes pour relever le niveau de la croissance”.

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