Conférence sociale 2014 : la fin de la « méthode Hollande » ?

Présente lors de la première journée de la nouvelle Conférence sociale 2014, la CGT a décidé de ne pas participer aux tables rondes de la seconde journée de la Conférence. 

Thierry Lepaon, explique les raisons de ce boycott après sa rencontre avec le Chef de l’Etat (lire son intervention). Il réaffirme, notamment, l’opposition de la CGT au Pacte de responsabilité « qui va avoir un effet récessif sur notre économie » et il réclame « un changement de cap en matière économique et sociale ». 

Le lundi 7 juillet, le chef de l’Etat a ouvert en fin d’après-midi la troisième Conférence sociale du quinquennat. Alors que la CGT et FO ont décidé de ne pas participer à la seconde journée de l’événement, le Premier ministre a appellé le patronat à « reconnaître les syndicats comme des partenaires sérieux et valables ». Lors de cette première journée, Thierry Lepaon a notamment dénoncé les faux semblants du dialogue social et le fait qu’avant même l’ouverture de la conférence sociale, le gouvernement avait déjà répondu à deux vieilles revendications patronales. Dans ces conditions, a expliqué Thierry Lepaon, « il n’est pas question pour la CGT de cantonner le syndicalisme tout entier dans un rôle de figuration, particulièrement méprisant pour l’exercice de la démocratie sociale et qui divise les organisations syndicales« .

À l’occasion d’une conférence de presse organisée, vendredi 4 juillet, au Siège de la CGT, le Secrétaire général de la CGT a présenté les 94 exigences et propositions concrètes que la CGT entendait initialement porter dans les 7 tables rondes de la Conférence sociale des 7 et 8 juillet prochains. Alors que le nombre de chômeurs n’en finit toujours pas de grimper, les salariés ont besoin d’une rupture claire avec la politique d’austérité mise en œuvre par le gouvernement et le patronat. Cette politique ne répond pas aux problèmes économiques, sociaux et environnementaux auxquels la France est confrontée, et aggrave la situation de millions de salariés, de retraités et de privés d’emploi.

« Nous assistons au discours du Président de la République car cela s’inscrit dans le Pacte républicain. Pour autant, nous ne cautionnons pas les rencontres qui vont avoir lieu et n’y participeront pas car elles ne déboucheront pas sur des avancées pour les salariés »
Thierry LEPAON

La 3 juillet, en annonçant au journal Les Echos le report partiel du compte pénibilité et une « simplification » du Code du travail, Manuel Valls s’est assuré la présence du patronat qui sera là de « bout en bout » a affirmé le Medef. Et ce d’autant qu’il a prévenu que, faute d’accord, le gouvernement interviendrait sur le relèvement des seuils sociaux. La CGT considère que ces déclarations du Premier ministre sont une véritable provocation pour le monde du travail. Elles remettent en cause les maigres avancées obtenues pour les salariés ces derniers mois et ayant fait l’objet de négociations collectives.

La CGT pose donc sur la table 94 exigences et propositions très concrètes qui correspondent à des attentes fortes de la part des salariés et visent à obtenir une sortie progressiste de la crise. Elle appelle le Président de la République et le gouvernement à s’engager sur 5 priorités essentielles qui constituent une première étape pour opérer un changement de cap répondant aux aspirations du monde du travail et réorienter la politique économique de la France :

1. La revalorisation du SMIC, de l’indice des salaires de la fonction publique, des pensions et les minima sociaux.
2. L’établissement d’un calendrier strict et à court terme pour ouvrir des négociations dans les branches professionnelles sur les grilles de qualification avec pour objectif qu’il n’y ait plus aucune grille en dessous du SMIC et que les qualifications soient reconnues sur une carrière complète.
3. La mise en œuvre d’une véritable démocratie sociale : tous les salariés doivent pouvoir élire un représentant du personnel dans leur proximité, y compris ceux des TPE, ils doivent pouvoir bénéficier d’un droit d’expression direct et collectif sur leur travail, pris sur leur temps de travail, leurs représentants doivent pouvoir disposer de droits d’intervention dans la stratégie de l’entreprise avec un droit de véto sur les licenciements.
4. La relance de l’emploi par l’investissement industriel en engageant la France dans le plan d’investissement visant la création d’emplois de qualité, porté par la Confédération Européenne des Syndicats, en y consacrant 2% du PIB.
5. Le contrôle des aides publiques accordées aux entreprises et leur réorientation pour qu’elles servent à l’emploi et à l’investissement.

Dans cette période particulièrement difficile pour des millions de salariés, de privés d’emplois et de retraités, la CGT réaffirme sa détermination à être une organisation syndicale utile aux salariés, qui leur permette de s’engager et de se mobiliser pour gagner des avancées sociales, des droits concrets pour leur vie de tous les jours.

Les attentes des salariés sont nombreuses. Elles nécessitent leur irruption sur le terrain social et une démarche unitaire à construire. C’est le sens des contacts engagés par le Secrétaire général de la CGT vis-à-vis des autres organisations syndicales.

Crédits images :
LesEchos.fr

 

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