Assurance chômage 2014 : ouverture de l’avant-dernière séance de négociations ce jeudi

Ce jeudi 27 février à 14h30 doit s’ouvrir la quatrième et avant-dernière séance de négociations sur la convention de l’assurance chômage. La Cgt tentera d’y d’établir le « rapport de force nécessaire« , a expliqué Éric Aubin, représentant de la CGT, lors d’une conférence de presse mardi. Pour rappel, cette convention définit tous les deux ou trois ans les modalités d’indemnisation des chômeurs et le montant des cotisations finançant le régime.

« La seule solution que le Medef nous propose est un recul du droit des chômeurs. le patronat entend faire payer le déficit de l’Unédic par les plus fragiles. » – Eric AUBIN – Représentant de la CGT 

Extrait de l’interview donnée à l’AFP le 25 février 2014

Pour la CGT, le projet de réforme drastique du Medef, mis sur la table le 13 février dernier, est inacceptable. A ce titre, le syndicat a toutes les raisons de faire front face au dictat du Medef (Lire un extrait des propositions faites par le Medef).

Alors que le Medef brandit notamment les 4,3 milliards d’euros de déficit annoncé pour l’Unédic (l’organisme gérant l’assurance chômage) à l’horizon 2015 en cas de réglementation inchangée, la CGT propose de « s’attaquer aux causes du déficit » et faire reculer la précarité en prévoyant des surcotisations pour tous les contrats courts et en faisant contribuer les patrons à chaque rupture conventionnelle. Le projet du Medef prévoit notamment la suppression du régime spécial des intermittents du spectacle et des intérimaires, au nom de l’équilibre financier du régime.

Rappels

Ces négociations sur l’assurance chômage ont démarré, il y a plusieurs semaines, sur fond de tension entre le Medef et les organisations syndicales. La troisième séance de négociations du 13 février avait permis de mesurer l’écart entre les propositions syndicales et les propositions patronales (Lire notre article du 18 février). A l’issue de cette séance de négociations du 27 février, il n’en restera qu’une seule de prévue, cela semble bien court pour combler le fossé existant… Dans un contexte où le patronat prend l’habitude de voir ses désirs comblés comme pour le pacte de responsabilité, il n’y a plus de limites à ses exigences. Il est donc urgent de faire monter le rapport de forces. 

Cliquez sur l'image pour ouvrir le document.

Cliquez sur l’image pour ouvrir le Projet d’accord relatif à l’indemnisation du chômage présenté le 27 février 2014

Lors de la conférence de presse du 25 février, la CGT n’a pas seulement exprimé sa « colère » contre le projet du patronat, elle a également rappelé son mécontentement contre les règles qui régissent les négociations. « Nous ne pouvons plus accepter que la négociation se déroule au Medef, sous une présidence du Medef et à partir d’un document du Medef », a rappelé Eric AUBIN, le 25 février.

La CGT en recherchant l’unité avec les autres organisations syndicales et les associations de chômeurs s’oppose à ce texte inacceptable et propose son propre projet d’accord pour une véritable sécurité sociale professionnelle. Elle le présente aujourd’hui, lors de la troisième séance de négociations a lieu ce jeudi 27 février, dans les locaux du Medef.

La CGT invite les salariés, les intermittents, les intérimaires, tous les précaires et les privés d’emploi à se tenir prêts à se mobiliser, dès aujourd’hui, devant le siège du Medef, à 14h30 (Lire le communiqué).

Les propositions Cgt (titre)

Les privés d’emploi ont besoin aujourd’hui d’une amélioration d’un système qui n’est pas à la hauteur de la situation de l’emploi actuel. Taxer les contrats courts et les temps partiels permettrait de faire rentrer entre 1,4 et 3 milliards d’euros suivant la formule retenue, augmenter les cotisations d’un point rapporterait 5 milliards. Rappelons que les aides publiques rapportent au patronat 200 milliards si on y inclut les 30 milliards de la suppression des cotisations famille accordée par le gouvernement dans son pacte de responsabilité.

Mieux indemniser, c’est indemniser plus longtemps, dans une situation où le chômage de longue durée explose (900 000 à 2,1 milliards en 3 ans), mais aussi plus rapidement les primo demandeurs d’emploi qui peinent à se constituer les quatre mois indispensables pour accéder à une indemnisation. Enfin, c’est augmenter la durée des droits des seniors dans un contexte où les employeurs ne veulent plus embaucher de salariés de plus de 50 ans.

Mieux former, car nombreux sont ceux qui ne retrouveront d’emploi qu’à condition de se reconvertir ou d’améliorer leur qualification. Mais le Medef ne veut pas en entendre parler et se retranche derrière le dernier ANI formation dont tout le monde sait qu’il sera insuffisant.

Lutter contre la précarité, c’est faire payer plus les employeurs qui abusent des contrats courts et des temps partiels, c’est augmenter les droits des plus pauvres ; aucune indemnisation ne devrait être inférieur à 80 % du Smic, c’est lutter contre les ruptures conventionnelles et particulièrement les cas où l’employeur s’en sert pour se débarrasser des salariés les plus âgés ou éviter les PSE (plan de sauvegarde de l’emploi).

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