Egalité professionnelle Femmes/Hommes : la Cgt intègre le Comité de pilotage pour la conduite des politiques régionales

Qu’est-ce que le CISTE ?

Le CISTE est une association paritaire régionale regroupant les organisations syndicales de salarié(e)s et patronales. Il a été créé en juin 2000 et est inscrit au Contrat de Projets Etat / Région Poitou-Charentes. Son objet est de fédérer un ensemble d’acteurs sur le territoire du Poitou-Charentes pour mettre en oeuvre des expérimentations territoriales sur des enjeux économiques et sociaux. Il s’agit d’innover et d’anticiper pour répondre aux besoins de demain.

Dans le cadre de son activité sur l’égalité professionnelle Femmes/Hommes, Evelyne VIDEAU, référente régionale sur la question de l’égalité professionnelle est intervenue pour le Comité régional Cgt le 26 novembre, lors d’une journée d’étude du CISTE. Le thème de cette journée était le suivant : en quoi l’égalité professionnelle Femmes/Hommes est-elle un atout économique ?

C.R. : Evelyne, peux-tu nous expliquer dans quel contexte a eu lieu cette journée d’étude ?

E. V. : Cette journée est dans la continuité de la Conférence sociale de juillet 2011. À l’époque, huit territoires «d’excellence pour l’égalité» avaient été choisis pour tenter des expérimentations, dont le Poitou-Charentes. Le CISTE (Carrefour de l’Innovation Sociale, du Travail et de l’Emploi) au titre de sa participation au réseau EPFH Poitou-Charentes  [1] a organisé une journée de sensibilisation sur l’égalité Femmes/Hommes. Diverses organisations salariales, patronales, ainsi que des associations travaillant autour de ce thème étaient présentes.

C.R. : Avant de revenir avec nous sur cette journée d’étude, peux-tu nous dresser un tableau de la situation régionale en cette fin d’année 2013 ?

E.V. : En Poitou-Charentes, le taux d’activité des femmes est plus important qu’en France. Dans la région, 67,7% des femmes de 15 à 64 ans travaillent, contre 63,7% au niveau national. Pour autant, elles gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes dans notre région. Au niveau national, l’écart de salaires entre les hommes et les femmes stagne à 27%. On note une sur-représentation du temps partiel qui concerne une femme sur trois dans la région contre un homme sur dix. En outre, comme dans le reste de l’hexagone, leur rémunération est plus faible et leur emploi souvent peu qualifié.

C.R. : Revenons donc sur cette journée d’étude du 26 novembre et sur ton intervention. Qu’as-tu rappelé à cette occasion ?

E.V. : À la Cgt, nous sommes convaincus que l’égalité professionnelle Femmes/Hommes est un atout économique car nous connait l’importance de l’emploi des femmes pour financer notre système de protection sociale, pour lutter efficacement contre la pauvreté et pour contribuer à la croissance. Nous considérons que la réduction des inégalités contribue à l’instauration de justice sociale et du développement durable. Car l’enjeu de l’égalité Femmes/Hommes n’est pas seulement la promotion des femmes (leur égalité vis-à-vis des droits), mais la qualité de la vie collective au bénéfice de tous. L’émancipation des femmes passe d’abord par un égal accès au travail, à l’égalité de rémunération et aux responsabilités professionnelles. Malheureusement, nous en sommes loin.

Egalité salariale

Officiellement, les entreprises doivent :

– Négocier annuellement sur la suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.

– Avoir une négociation globale sur la question de l’égalité professionnelle.

– Avoir une déclinaison spécifique aux femmes sur chacune des autres négociations obligatoires.

C.R. : L’égalité salariale, parlons-en… C’est un vrai serpent de mer, non ?

E.V. : Oui, depuis plus de 50 ans, les lois se succèdent… Différentes obligations ont été imposées aux entreprises, issues notamment des lois de 1983, 2001 et 2006 et en application des directions européennes. Si ces dispositifs ne portent pas totalement leurs fruits, ce n’est pas du fait de leur complexité, mais parce que les sanctions sont trop récentes, trop faibles et que les différents acteurs sont trop peu sensibilisés à l’enjeu. Mais au-delà de l’égalité salariale, problème déjà ancien, les femmes sont confrontées à l’explosion du temps partiel et de la précarité. Vrais problèmes de notre époque, ils sont les caractéristiques des embauches d’aujourd’hui. De 2008 à 2009, le temps partiel est passé de 32% à presque 39% chez les jeunes femmes de moins de 24 ans. Ce n’est pas par choix : c’est une voie d’entrée dans la vie professionnelle.

C.R. : Cette journée a été l’occasion pour la Cgt d’obtenir une véritable reconnaissance de son travail sur les questions d’égalité professionnelle Femmes/Hommes. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

E.V. : En effet, la Cgt est désormais reconnue comme un acteur important autour de la question de l’égalité femmes hommes. À ce titre, la Déléguée régionale sur les droits des femmes auprès de la Préfète nous a interpelés pour nous signaler notre intégration au réseau «Egalité professionnelle».

C.R. : C’est une excellente nouvelle. Dans les faits, qu’est-ce que cette intégration va permettre ?

E.V. : Nous pouvons désormais intervenir dans le Comité de pilotage et avoir des financements pour des expérimentations en territoire. Actuellement, nous travaillons au pacte de mobilisation pour l’égalité mis en chantier dans notre région. Une prochaine réunion est prévue le 9 janvier au CISTE pour construire les projets à venir. L’objectif est de faire des expérimentations, sur des bassins d’emploi, ou sur un secteur d’activité de la région. Parallèlement, nous réfléchissons à un programme d’actions à présenter avant le 18 février à la Préfecture de région, lequel s’inscrit dans la programmation d’action pour 2014, autour de l’égalité entre femmes et hommes.

Téléchargements

Le tract Cgt « 27% d’écart salarial, ce n’est plus possible ! »

Les « 10 propositions pour enfin garantir l’égalité professionnelle«  adressées aux députés. Le projet de loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes, examiné durant la semaine du 10 au 15 décembre 2013 par les députés en commission, sera débattu en séance à l’Assemblée nationale à partir du 20 janvier.

C.R. : Il me semble qu’une initiative Cgt est aussi déjà prévue en direction des syndicats et territoire.

Effectivement, nous avons prévu une journée d’étude interprofessionnelle sur les conditions de travail et l’égalité salariale. Elle se déroulera le 13 février prochain.

C.R. Merci Evelyne et à bientôt !

[1] EPFH : Le réseau Egalité Professionnelle Femmes Hommes regroupe : l’ARACT (Association Régionale de l’Amélioration des Conditions de Travail), la DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), la Préfecture de Région, le Conseil Régional, l’Union Européenne à travers le Fonds Social, le CREDES (Centre régional d’études et de documentations économiques et sociales).

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